vendredi, février 27

Jean-Luc Mélenchon a de nouveau été accusé d’antisémitisme par plusieurs personnalités politiques après avoir ironisé sur la prononciation du nom « Epstein » ce jeudi 26 février à Lyon. Ce qu’il a vigoureusement réfuté, en dénonçant une « manipulation médiatique ».

Au cours d’un meeting de soutien à la candidate Insoumise aux municipales à Lyon, Anaïs Belouassa-Cherifi, le triple candidat à la présidentielle s’est fendu, entre attaque des médias et défense du groupe dissous Jeune Garde, d’une déclaration sur l’affaire du criminel sexuel new-yorkais Jeffrey Epstein mort en 2019.

« Je voulais dire ‘Epstine’ pardon, ça fait plus russe ‘Epstine' », a-t-il lancé. « Alors maintenant, vous direz Epstine au lieu d’Epstein, Frankenstine au lieu de Frankenstein », a-t-il poursuivi avant d’ajouter: « eh bien voilà, tout le monde comprend comment il faut faire », devant une salle hilare.

Vives condamnations

Ce n’était pas la première fois que Jean-Luc Mélenchon ironisait en meeting sur ce point depuis la publication des dossiers Epstein. Mais cette fois, les condamnations ont immédiatement fusé, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, fustigeant des « propos abjects » et l’ex-Premier ministre Gabriel Attal estimant que « toutes les limites ont été franchies par Jean-Luc Mélenchon ». « L’antisémitisme est une monstruosité », a-t-il ajouté.

« C’était il y a 15 jours », a pour sa part réagi Emmanuel Macron en repartageant un de ses discours tenu au milieu du mois où il ciblait « l’antisémitisme d’extrême gauche ». À gauche aussi, la sortie a indigné: « est antifasciste celui qui combat le fascisme, pas celui qui en réutilise les ressorts les plus dangereux », a tweeté le premier secrétaire du PS Olivier Faure.

« Rien ne va dans ces propos. Rien. Ça suffit maintenant ! », s’est encore exclamée la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier, quand l’ancien président François Hollande a accusé celui qu’il a côtoyé au Parti socialiste d’avoir « fini par tomber dans les formules antisémites ».

Prononciation américaine

Comme l’a rappelé le président du Crif, Yonathan Arfi, « en anglais, ‘Epstein’ se prononce ‘Epstine’. Les journalistes ne font donc que prononcer un nom américain… à l’américaine ». « Voir dans cette prononciation une manipulation est un délire complotiste aux vrais relents antisémites », a-t-il ajouté.

En effet, le financier new-yorkais lui-même prononçait son nom « Epstine », comme le montrent des vidéos publiées par le ministère américain de la Justice ces dernières semaines. On peut l’entendre dire son nom dans un entretien non daté avec l’ancien conseiller de Donald Trump Steve Bannon, ou encore dans un interrogatoire datant de 2010.

« La prononciation ‘Epstine’ est celle qu’il avait lui-même, c’est tout simplement la prononciation américaine », a également souligné vendredi auprès du Parisien Maria Candea, sociolinguiste à l’université Sorbonne Nouvelle.

Devant l’avalanche de condamnations, Jean-Luc Mélenchon a assuré avoir « ironisé sur la volonté de vouloir faire avec ‘Epstine’ un nom pour ‘russifier’ le problème ». « Consternante réaction de ceux qui y voient de l’antisémitisme », a-t-il déclaré sur X, y notant une manière de « susciter délibérément la violence contre LFI ». Pour lui, « l’antisémitisme est du côté de ceux qui veulent tout ramener à ce sujet ».

« Les Insoumis ont, les premiers, dénoncé les instrumentalisations antisémites de l’affaire Epstein », a affirmé le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard, en dénonçant « une cabale » contre le mouvement de gauche radicale.

Article original publié sur BFMTV.com

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