- Phénomène mondial de l’édition avec plus de 35 millions de livres vendus, l’autrice américaine Colleen Hoover continue d’étendre son empire à Hollywood.
- Après deux adaptations à succès, une troisième arrive au cinéma ce mercredi 18 mars.
- Pour la première fois au scénario, la reine de BookTok nous raconte la conception de ce projet très personnel.
Son nom a envahi les librairies. Il est désormais partout dans les cinémas. Colleen Hoover, qui a déjà séduit plus de 35 millions de lecteurs dans le monde en l’espace de 10 ans, peut aussi s’enorgueillir des scores au box-office des films inspirés de ses romans dont raffole BookTok. Jamais plus
,
qui traitait des violences conjugales, a rapporté plus de 351 millions de dollars à sa sortie à l’été 2024.
Bien que numéro un le week-end de sa sortie aux États-Unis, Regretting You
n’en a encaissé que 90 à l’automne mais a tout de même triplé son budget. Avant l’arrivée de l’adaptation du thriller Verity
en fin d’année, porté par le trio de superstars Dakota Johnson, Anne Hathaway et Josh Hartnett, c’est au tour de Reminders of Him
(Souvenirs de lui
, en VF) de tenter de se faire une place au soleil dans l’obscurité des salles dès ce mercredi 18 mars.
Il était très important pour nous de prendre en compte ce que les lecteurs ont aimé dans le roman
Il était très important pour nous de prendre en compte ce que les lecteurs ont aimé dans le roman
Colleen Hoover à TF1info
Le point commun de ces récits ? Tous cherchent à recoller les morceaux brisés de leurs héros. « C’est une très bonne description »
, acquiesce Lauren Graham. « J’adore le fait que Colleen Hoover nous embarque dans une situation qui semble irrémédiable ou sur laquelle vous auriez une opinion claire et qu’elle essaie de mettre en lumière les subtilités de la condition humaine tout en s’intéressant aux deux versants de la même histoire »
, nous détaille l’actrice américaine.
Mère la plus cool de la télévision dans les années 2000, la star de Gilmore Girls
incarne cette fois une mère « qui a vécu l’une des pires expériences qui soient »
. L’une de celles qui « vous changent à jamais »
. Son personnage, Grace, a enterré son fils Scotty (Rudy Pankow, vu dans Outer Banks
sur Netflix) sept ans plus tôt.
C’est à lui que fait référence le titre du film, qui est aussi celui du roman (publié chez Hugo Poche). Jugée responsable de l’accident de voiture qui a coûté la vie à Scotty, Kenna (Maika Monroe) revient dans leur ville natale après avoir purgé sa peine avec l’objectif de renouer avec leur fille Diem, née en prison, qu’élèvent ses grands-parents paternels. Ce n’est pas tant son propos sur le pouvoir de l’amour et le droit à la rédemption que sa production qui en font une adaptation à part au sein du Colleen Hoover Cinematic Universe en construction.
L’autrice américaine de 46 ans n’ayant pas cédé les droits de cette œuvre à un tiers, elle a pu se charger de l’écriture du scénario pour la première fois, avec la complicité de Lauren Levine. C’est ensemble, via leur société Heartbones Entertainment, qu’elles produisent Reminders of Him
. Colleen Hoover laisse échapper un rire quand on lui rappelle qu’adapter, c’est trahir et quand on lui demande donc si elle n’a pas eu le sentiment de trahir ses propres mots en les remaniant. « J’adore que vous disiez tous ça mais non, je ne sais pas. Il était très important pour nous de prendre en compte ce que les lecteurs ont aimé dans le roman, les émotions et la plupart des scènes, et de nous assurer qu’elles figuraient dans le film »
, insiste-t-elle.
Elle a écrit un mot à chacun de nous à propos de nos personnages avant même qu’on ne commence. C’était vraiment merveilleux de l’avoir avec nous
Elle a écrit un mot à chacun de nous à propos de nos personnages avant même qu’on ne commence. C’était vraiment merveilleux de l’avoir avec nous
Lauren Graham, à propos de Colleen Hoover
« Je suis aussi un peu attachée au livre et à certaines choses qui s’y passent. J’ai donc toujours pensé aux lecteurs en le faisant »
, ajoute-t-elle, consciente de cet « avantage de pouvoir adapter son propre roman »
. De quoi sans doute mieux faire passer la pilule des modifications auprès de ses CoHorts, sa communauté de fans assidue qui devrait être séduite par le casting, lui aussi supervisé par leur idole. « Colleen m’a suivi sur Instagram avant même que je décroche le rôle. Donc je me suis dit : ‘Est-ce que j’ai eu le rôle ?' »
, se souvient avec humour Tyriq Withers, choisi pour interpréter Ledger, le barman qui vient en aide à Kenna sans se douter de sa véritable identité.
« Je n’aurais probablement pas dû faire ça »,
reconnaît Colleen Hoover. « J’étais très nerveux à l’idée de la rencontrer. Vous savez, c’est un phénomène littéraire ! »
, la taquine le comédien. « Chaque jour normalement sur un tournage, tu veux donner vie au rêve du réalisateur. Mais sur celui-ci, c’était aussi le rêve de Colleen »
, insiste celui qui s’est fait remarquer dans la suite de Souviens-toi… l’été dernier
.
Investie à 1.000% dans le projet, Colleen Hoover est restée à Calgary, au Canada, pendant les cinq mois de tournage sous la direction de la réalisatrice Vanessa Caswill. « Peut-être que certaines personnes trouveraient ça intimidant que l’autrice soit présente mais je trouve ça tellement utile. Elle sait mieux que personne si quelque chose ne va pas. Pendant les répétitions, nous pouvions lui poser n’importe quelle question »
, souligne Lauren Graham. « Elle a aussi écrit un mot à chacun de nous à propos de nos personnages avant même qu’on ne commence. C’était vraiment merveilleux de l’avoir avec nous »
, s’enthousiasme-t-elle.
Honnêtement, le monde est tellement effrayant en ce moment et tellement sombre que j’ai l’impression que nous avons besoin de choses comme ça
Honnêtement, le monde est tellement effrayant en ce moment et tellement sombre que j’ai l’impression que nous avons besoin de choses comme ça
Colleen Hoover à TF1info
« J’ai vu Colleen se balader pendant les tests devant la caméra et je me suis dit : ‘Oh mon dieu, elle est tellement cool’. Puis nous sommes allés dîner. On partage le même sens de l’humour, très pince-sans-rire. Je me suis dit : ‘Ok, j’ai l’impression que nous allons être meilleures amies’. Et c’est le cas ! »
, se souvient pour TF1info Maika Monroe, jusque-là habituée aux films d’horreur (It Follows
, Longlegs
). Cette ambiance bon enfant, visible aussi en interview, contraste avec les tensions qui ont entouré la production de Jamais plus
, débouchant sur une bataille judiciaire entre les acteurs Justin Baldoni et Blake Lively. Dans le ELLE
américain (nouvelle fenêtre), Colleen Hoover compare cette affaire à « un cirque »,
dont elle souhaite s’éloigner.
Ses romans ont souvent eu une vocation cathartique pour ses lecteurs. « La lecture est un passe-temps. Mais pour certains d’entre nous, c’est un moyen d’échapper aux difficultés auxquelles nous sommes confrontés »
, écrit la romancière dans les remerciements de Reminders of Him
. Son adaptation ne fait pas exception.
« Honnêtement, le monde est tellement effrayant en ce moment et tellement sombre que j’ai l’impression que nous avons besoin de choses comme ça. Nous avons besoin d’œuvres d’art pour ces évasions »
, souligne-t-elle auprès de TF1info. « Nous avons besoin de films qui nous apportent de l’espoir et enseignent le pardon. Et oui, j’espère juste que les gens pourront aller les voir et échapper à la réalité actuelle »
. Les studios hollywoodiens ont encore une vingtaine de ses œuvres à disposition pour prolonger cette immense thérapie collective.
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Reminders of Him (1h54) de Vanessa Caswill, avec Maika Monroe, Tyriq Withers, Lauren Graham, Rudy Pankow et Bradley Whitford – actuellement au cinéma




