Plus de 70 tracteurs ont convergé, jeudi 15 janvier, en trois cortèges vers la préfecture du Rhône, au centre de Lyon, à l’appel de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et des Jeunes agriculteurs (JA) pour protester contre le Mercosur et la baisse des prix qui « tuent » les agriculteurs, a constaté un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP).
Plus de 30 tracteurs, venus de l’Ain et des deux départements savoyards notamment, se sont arrêtés devant les locaux de la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) deux heures durant, dans un concert de klaxons et de pétards. Deux remorques de foin et de déchets verts ont été déversées sur la chaussée.
« Ursula, tu nous mets sur la paille ! » ont-ils écrit sur une grande banderole devant la Dreal, en référence à Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, qui a salué un « accord historique » de libre-échange de l’UE avec des pays sud-américains du Mercosur. Cet accord doit être signé samedi au Paraguay, après plus de vingt-cinq ans de négociations.
« Non au Mercosur », « On meurt pour vous nourrir », pouvait-on lire sur des panneaux attachés à des tracteurs, tous parés des drapeaux des sections départementales de la FNSEA, premier syndicat agricole de France, et des Jeunes Agriculteurs (JA), leurs alliés.
« L’agriculture va disparaître »
Le cortège, comme deux autres venus du nord-est et du sud-est de Lyon, a ensuite pris la direction de la préfecture, en centre-ville, perturbant la circulation. Une délégation a été reçue par la préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes (AURA), selon un responsable de la préfecture.
« Entre mars et septembre déjà, le prix de la tonne de maïs a chuté de 40 euros, je n’ai plus aucun levier sur mes charges », s’est lamenté au pied de son tracteur Sandie Marthoud, 45 ans, céréalière à Sainte-Julie (Ain).
« On est de plus en plus en concurrence avec des céréales importées et cultivées avec des produits interdits en France, avec des normes différentes, et l[’accord avec des pays du] Mercosur va aggraver cette situation », a-t-elle prédit. « A ce train-là, l’agriculture va disparaître en France et, en cas de problème, on sera totalement dépendant de l’étranger pour se nourrir », a-t-elle ajouté.
A Dijon, quelque 200 agriculteurs avec environ 70 tracteurs et engins agricoles, selon la préfecture, ont aussi manifesté jeudi à l’appel des mêmes syndicats, notamment devant l’Office français de la biodiversité, la Dreal ou la préfecture.
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En Savoie, des agriculteurs de la Confédération paysanne ont libéré, jeudi matin, l’accès d’un dépôt pétrolier à Albens, entre Chambéry et Annecy, qu’ils bloquaient depuis une semaine, après des négociations avec la préfète, alors que des CRS avaient encerclé les manifestants, a indiqué à l’AFP Pierre Maison, membre du comité de la Confédération paysanne de Haute-Savoie et éleveur à la retraite.




