mardi, mars 24

  • La ministre française de l’Agriculture, Annie Genevard, affirme que « la taxe carbone (européenne) sur les engrais pourra être suspendue ».
  • Cette annonce, formulée à l’issue d’une réunion mercredi avec ses homologues européens à Bruxelles, n’a pas été confirmée par la Commission européenne.

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La taxe carbone européenne sur les engrais « pourra être suspendue« . C’est ce que la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a affirmé ce mercredi 7 janvier à l’issue d’une réunion avec ses homologues européens à Bruxelles. Une annonce destinée à apaiser la colère des agriculteurs mais que n’a cependant pas confirmée la Commission européenne.

« Face à l’urgence, j’ai été très ferme aujourd’hui à Bruxelles : son application aux engrais doit être suspendue ! La réponse du commissaire Sefcovic a été claire : la taxe carbone sur les engrais pourra être suspendue avec effet rétroactif au 1er janvier 2026« , a prévenu la ministre sur X. Une première version de son message était plus affirmative, indiquant que la taxe serait suspendue. Mais pour cela, il faudrait un vote, en cours de discussion à la demande de plusieurs États membres, a précisé le ministère français. Selon une source au sein de la Commission, la suspension ne sera pas annoncée mercredi, mais d’autres mesures concernant les engrais sont envisagées.

Faire de la question des engrais une priorité

La ministre française fait face à un regain de la mobilisation des agriculteurs en France depuis début décembre, et l’exclusion des fertilisants de cette taxe fait partie de la liste des nombreuses doléances de la profession. Le ministère avait indiqué mardi à des journalistes que l’objectif de la réunion à Bruxelles était notamment d’obtenir une avancée substantielle sur la question des engrais, en faisant une priorité. 

Depuis des semaines, les céréaliers réclament d’exclure les engrais du dispositif de taxe carbone européenne, redoutant une explosion des prix des intrants. Ils affirment déjà produire à perte une céréale comme le blé. Ils dénoncent une « double peine » : ce mécanisme s’ajouterait à la taxation progressive visant spécifiquement les engrais azotés russes entrée en vigueur en juillet, allant de 45 euros la tonne en 2025-26 à 95 euros la tonne en 2027-28. Les céréaliers ont notamment fait face à une envolée des coûts de production liée à l’invasion de l’Ukraine en 2022-2023, une récolte catastrophique de blé en 2024 et une baisse des prix des céréales, des betteraves et des pommes de terre en 2025.

Une première concession de Bruxelles avait été obtenue mi-décembre concernant la taxe carbone aux frontières de l’UE. La commission avait annoncé un allègement de la majoration appliquée à la taxe pour les engrais. C’est une exception par rapport aux autres produits concernés par ce mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (acier, aluminium, ciment, électricité et hydrogène). Malgré cette avancée, le ministère de l’Agriculture a estimé mardi que le surcoût restait encore trop élevé pour les agriculteurs.

T.G. avec AFP

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