
Cinq personnes, dont une femme, ont été interpellées et se trouvaient en garde à vue dimanche après l’enlèvement d’une magistrate grenobloise et de sa mère la semaine dernière, a fait savoir le parquet de Lyon. Les deux femmes avaient été retrouvées blessées vendredi dans le sud-est de la France après avoir été séquestrées pendant une trentaine d’heures.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, à 2 h 50, plusieurs individus avaient pénétré le domicile d’une des victimes, dans une petite commune iséroise située à 90 kilomètres de Bourg-lès-Valence (Drôme), et installé de force les deux femmes dans un véhicule Mercedes-Benz avant de prendre la fuite.
Si de premiers éléments de l’enquête laissaient craindre une opération de criminels visant la magistrate en raison de sa profession, un autre a vite orienté les investigations de la police judiciaire dans une tout autre direction : le compagnon de la magistrate est un entrepreneur actif dans le secteur des cryptomonnaies depuis la fin des années 2010, cofondateur d’une start-up de conseil rachetée en 2024 par une importante plateforme nord-américaine.
D’après les informations du Monde, ce dernier a reçu, jeudi en début de matinée, une photo ainsi qu’une « preuve vocale » de vie de sa compagne, avant que des négociations soient engagées.
Le lendemain, un voisin avait entendu les coups portés contre la porte d’un garage, dans une rue du centre-ville de Bourg-lès-Valence, et avait pu les libérer, après plus de vingt-quatre heures de calvaire. Les deux victimes ont été retrouvées en état de choc et transportées par les services de secours au centre hospitalier de la ville. « Elles ont pu profiter de l’absence de leurs ravisseurs [pour] se détacher et appeler de l’aide », a précisé le procureur de Lyon, Thierry Dran, au cours d’une conférence de presse vendredi.




