jeudi, février 12

Christine Cadot est professeure de science politique à l’université Paris-VIII. Ses recherches portent sur les pratiques commémoratives, les usages politiques de la mémoire et l’iconographie de la construction européenne. Elle est l’autrice de Mémoires collectives européennes (PUV Editions, 2019), dont l’édition augmentée sera disponible en ukrainien courant 2026 aux éditions Dukh i Litera. Rencontre avant son intervention, le 21 février, à La Nuit de l’Europe organisée par Sciences Po Strasbourg.

Les enjeux mémoriels saturent l’espace public et les discours politiques. Si la mémoire constitue une ressource politique à l’échelle nationale, qu’en est-il pour l’Union européenne (UE) et ses institutions ? Ont-elles cherché à promouvoir une mémoire collective unifiée ?

Oui. Dès la création de la Communauté économique européenne [CEE], en 1957, les fondateurs de l’Europe ont jugé nécessaire de construire une mémoire européenne commune, pensant favoriser l’émergence d’un sentiment d’appartenance. Il s’agissait ainsi de se réapproprier les vertus supposées du roman national à l’échelle européenne.

Il vous reste 88.43% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.
Exit mobile version