vendredi, janvier 2

Avec notre correspondante à Pékin, Clea Broadhurst

Cet appel n’a rien d’ordinaire. Que Xi Jinping prenne lui-même l’initiative montre à quel point Pékin se sent mis sous pression depuis la déclaration de la Première ministre japonaise, prête à envisager une intervention militaire si la Chine attaque Taïwan. Face à ce durcissement inédit de Tokyo, Pékin veut parler à Donald Trump avant sa visite prévue en avril, pour tenter de peser sur la trajectoire américaine.

« Militarisme »

Le communiqué américain met en avant le commerce, les achats agricoles, et le fentanyl, mais passe sous silence Taïwan. Mais la Chine, elle, en fait le cœur de l’échange. Xi va même jusqu’à invoquer la Seconde Guerre mondiale, rappelant que Washington et Pékin avaient combattu « le militarisme » – une référence très inhabituelle, destinée à isoler Tokyo et à ramener les États-Unis vers une ligne plus ambiguë.

Freiner une coalition naissante autour de Taïwan

Le contexte complique encore l’équation : l’administration Trump vient d’approuver 330 millions de dollars de pièces pour les avions de chasse taïwanais. Pékin laisse entendre qu’elle peut aider sur l’Ukraine – mais seulement si Washington lâche du lest par rapport à Taipei. L’objectif chinois est clair : c’est maintenant que se joue la possibilité de freiner une coalition naissante autour de Taïwan.

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