
L’influenceuse Chiara Ferragni a été acquittée mercredi 14 janvier par le tribunal de Milan dans un procès pour fraude aggravée qui a poussé le gouvernement italien à durcir le contrôle des influenceurs.
Influenceuse majeure du monde de la mode, avec ses 28 millions d’abonnés, Chiara Ferragni était jugée depuis septembre pour fraude aggravée aux côtés de deux associés. Elle était accusée de s’être enrichie frauduleusement avec des brioches de Noël et des œufs de Pâques caritatifs, ce qui lui a déjà valu de devoir payer des amendes et des dédommagements.
« Chiara a été acquittée (…), il y a une justice dans ce pays », ont déclaré ses avocats à l’issue de l’audience à huis clos. « Je suis heureuse, c’est un cauchemar de deux ans qui prend fin », s’est félicitée Chiara Ferragni, en remerciant « tous ceux qui [l]’ont soutenue pendant cette période », en particulier ses abonnés.
L’influenceuse avait parrainé à Noël 2022 un pandoro, une brioche traditionnellement vendue à Noël, laissant entendre qu’une partie des recettes serait reversée à un hôpital, au profit d’enfants souffrant de cancers des os. Cependant, à la fin de 2024, une journaliste avait découvert que les acheteurs de ce pandoro « Pink Christmas », vendu 9 euros au lieu de 3,70 euros habituellement, avaient été induits en erreur.
Le fabricant des brioches, Balocco, s’était limité à faire une donation forfaitaire de 50 000 euros à l’hôpital avant l’opération, tandis que la vente avait rapporté plus de 1 million d’euros aux sociétés détenues par Chiara Ferragni. Des œufs de Pâques vendus en 2021 et en 2022 avaient également été visés dans ce dossier.
Le parquet de Milan avait requis une peine d’un an et huit mois de prison contre Chiara Ferragni et son bras droit Fabio Damato, ainsi qu’un an de prison contre le patron de la marque qui a fabriqué les œufs de Pâques. Ils ont aussi été acquittés.
Le juge milanais n’a pas retenu l’accusation de fraude « aggravée » et celle de simple escroquerie était devenue caduque après le retrait de la plainte à l’origine du procès. L’association de consommateurs qui l’avait déposée l’a en effet retirée après le versement de dédommagements par l’influenceuse, a précisé à l’Agence France-Presse un avocat des associations de consommateurs, Aniello Chianese.
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Parallèlement, Chiara Ferragni a déjà dû verser une amende de 1 million d’euros pour pratiques commerciales déloyales, infligée par le gendarme italien de la concurrence (AGCM), soit une somme équivalente aux bénéfices réalisés. La société Balocco avait été condamnée à une amende de 420 000 euros. Entre amendes et dons, les sociétés accusées ont déjà reversé environ 3,4 millions d’euros, selon les avocats de Chiara Ferragni.
A la suite de cette affaire, le gouvernement italien a accentué l’encadrement des influenceurs : ceux qui comptent plus de 500 000 abonnés doivent désormais s’enregistrer auprès de l’autorité italienne chargée des communications et respecter des règles de transparence.




