mardi, juillet 21

  • Un partenaire contrôlant alterne entre amour, désir et rejet total.
  • À la différence d’un pervers narcissique, il ne cherche pas à rabaisser pour se sentir exister.
  • Néanmoins, cette relation dysfonctionnelle impacte grandement l’épanouissement personnel et le bien-être émotionnel.

Ajoutez TF1info à vos sources sur Google

Les relations amoureuses aujourd’hui sont un croisement entre « Hunger Games » et « Koh Lanta ». Et lorsque deux individus parviennent à passer l’étape du dating pour former un couple, rien ne garantit que la relation soit saine et équilibrée. Parfois, il arrive que des personnes restent même engluées, longtemps, dans une relation dysfonctionnelle qui les épuise mentalement et émotionnellement. « Elles sont prises dans des relations avec des partenaires autoritaires qui alternent entre rejet total et amour-désir pour les séduire à nouveau, en leur promettant à chaque fois de ne plus jamais leur faire de mal« , écrit le psychothérapeute Randi Gunther dans Psychology Today. Il décrit les stratégies de ces partenaires autoritaires pour garder la mainmise sur les relations et les raisons pour lesquelles ils agissent ainsi.

Peur de l’intimité et frontières floues

Un partenaire peut agir de manière « contrôlante » et souffler le chaud et le froid par « peur de l’intimité ». L’expert explique que les « fluctuations d’un partenaire ne sont pas fortuites » mais elles sont le résultat « de la proximité qu’il s’est permise dans une interaction intime« . Selon lui, « cette dépendance est son pire cauchemar, en raison de son désir de connexion et de la terreur simultanée d’être piégé, vulnérable ou abandonné si son partenaire décide de partir ». Ils vont donc intensifier leurs « attaques » après une longue période de proximité émotionnelle et prendre la fuite.

Les partenaires « contrôlants » cherchent à la fois à se fondre et à partir loin. Ainsi, lorsqu’ils ont besoin d’intimité, ils usent de charme, de désir, parfois de colère pour faire en sorte d’être la priorité de l’autre. Ici, ils créent une connexion intense et submergent l’autre personne qui finit par céder. Mais, une fois que leurs besoins ont été comblés, ils érigent un mur de briques digne d’un château-fort médiéval infranchissable.

Un schéma hérité de l’enfance

Ces partenaires contrôlants et manipulateurs ont, sans doute, grandi dans ce schéma parental, explique le psychothérapeute. L’un des parents « alternait entre le besoin d’être couvert d’amour de la part de son enfant et le besoin d’être ignoré lorsqu’il se sentait comblé« . L’enfant se retrouve alors dans une position où il sent qu’il a aussi besoin de plus de soutien et d’attention, mais il est accusé d’être trop exigeant ou trop en demande. « Enfants, les partenaires autoritaires devaient souvent recourir à des mesures extrêmes pour obtenir ce dont ils avaient besoin. Ils se sentaient souvent comme des enfants « difficiles » : suppliants, dépendants, sujets aux crises de colère« , souligne Randy Gunther. Résultat : à l’âge adulte, ils se vengent. « Ils entament de nombreuses relations avec une appréhension à peine voilée du rejet et une propension à la colère et au blâme« . Dans d’autres cas, le partenaire contrôlant peut exiger d’être le centre de l’attention de l’autre, car il a été traité avec cette attention, voire adoration pendant l’enfance. À l’âge adulte, il considère que c’est normal d’être traité de la sorte dans ses relations.

Fuir les partenaires contrôlants

Un partenaire contrôlant n’est pas un pervers narcissique, car ce dernier ne se sent exister qu’en rabaissant l’autre. « Le contrôlant, de son côté, va pouvoir exercer des violences psychologiques sur son partenaire, mais son but n’est pas de blesser l’autre ni de le détruire, et ne cherche pas à se donner de la valeur s’il le fait. Ces humiliations ou mauvais traitements psychologiques peuvent être des conséquences de sa peur de l’abandon, de son fonctionnement en « mode survie » mais ne sont pas une recherche de faire mal« , explique la psychologue Ariane Alvaro à Magic Maman. Néanmoins, si le partenaire contrôlant ne prend pas conscience de son comportement et n’accepte pas de se faire aider, il faut partir. La seule condition pour poursuivre la relation est la prise en charge thérapeutique afin que le partenaire contrôlant comprenne d’une part les traumatismes de son enfance et change son attitude. Autrement, la relation risque d’être dysfonctionnelle, voire toxique et d’impacter l’épanouissement personnel, l’estime de soi et la confiance en soi.

Sabine BOUCHOUL pour TF1 INFO

Share.
Exit mobile version