- Une grande partie du territoire français reste classée en risque sismique faible ou très faible.
- Mais des zones montagneuses et côtières peuvent trembler à tout moment.
- Des scientifiques viennent notamment de réévaluer la sismicité de la région parisienne.
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Près de 5.800 séismes ressentis en France (nouvelle fenêtre) depuis plus de mille ans. La base de données SisFrance (nouvelle fenêtre) répertorie en métropole de très nombreux tremblements de terre ressentis. Rassurez-vous, d’après la cartographie du site gouvernemental Géoportail (nouvelle fenêtre), la plupart des régions de France métropolitaine s’inscrivent dans une zone de faible risque de sismicité. Le site s’appuie sur un calcul probabiliste basé notamment sur des mesures géologiques instrumentales.
Depuis 2011, le site découpe la France en cinq zones de sismicité. La zone quatre, de sismicité forte, comprend toutes les îles des Antilles. En 2004 en Guadeloupe et en 2007 en Martinique, la terre a déjà sérieusement tremblé. En revanche, Mayotte (risque modéré) et La Réunion (faible) restent épargnées.
De son côté, la métropole fait face à un risque faible à moyen. Les frontières de l’est (du Bas-Rhin au Bouches-du-Rhône) et du sud-ouest (autour des Pyrénées) concentrent les zones les plus propices aux séismes. Elles concernent les départements des Hautes-Alpes, les Alpes-de-Haute-Provence, les Alpes-Maritimes, l’Ariège, les Pyrénées-Atlantiques, les Hautes-Pyrénées, la Haute-Garonne, la Savoie et le Vaucluse. Le reste du territoire se classe en risque faible voire très faible à l’instar de la Bretagne, de la Normandie, des Hauts-de-France (à l’exception d’une partie du département du Nord) et de l’Aquitaine (hors Pyrénées).
Le Bassin parisien bientôt réévalué ?
Une étude, menée par l’Académie des sciences et publiée le 19 juin dernier dans la revue Comptes Rendus Géoscience
(nouvelle fenêtre),
conclut à « l’urgente nécessité »
de réévaluer le risque sismique intraplaque dans le nord de la France. « Longtemps considéré comme une région à sismicité très faible, le Bassin parisien présente de nouvelles preuves d’une activité tectonique récente »
, alerte l’étude.
Pour évaluer ces tremblements de terre, les chercheurs ont analysé des silex chauffés et des couches de sol sur lesquels des humains ont vécu entre 55.000 et 45.000 ans avant notre ère. Cette époque se situe au paléolithique moyen, au moment de l’avènement de l’homme de Néandertal. « Les chercheurs ont retravaillé durant plusieurs mois des données existantes, collectées il y a plus de trente ans lors de fouilles d’archéologie préventive menées avant le terrassement de la RN 31, à la périphérie de Beauvai
s », ajoutent nos confrères du journal Le Monde
(nouvelle fenêtre). Une analyse stratigraphique a permis d’identifier que ces cassures ont provoqué un décalage vertical du sol pouvant atteindre 25 centimètres. « Ce ou ces séismes se sont produits dans un contexte de transition climatique, marqué par le recul de l’inlandsis, l’immense calotte glaciaire qui recouvrait le nord de l’Europe il y a environ 50 000 ans », précisent les auteurs de l’étude.
La faille explorée coupe la croûte terrestre sur plus de 110 kilomètres de long, depuis la côte normande (près de Dieppe en Seine- Maritime) jusqu’aux environs de Senlis dans l’Oise), en passant sous Beauvais. Les travaux du groupe FACT (Failles actives France) du consortium Epos-France ont permis de mettre au jour d’autres traces de failles potentiellement capables de générer des tremblements de terre, par exemple en Bretagne sud ou dans le Jura. « Il ne faut cependant pas exagérer le risque sismique, qui reste très faible à modéré sur la majeure partie du territoire français »
, tempèrent les chercheurs. Les événements analysés dans cette étude ne se sont pas reproduits depuis plusieurs dizaines de milliers d’années.




