- On connaît les dessous de l’incroyable évasion du détenu « Ganito », le 7 mars dernier, de la prison de Villepinte.
- Ilyas Kherbouch s’était évadé de la maison d’arrêt, en plein après-midi, à l’aide de complices se faisant passer pour de faux policiers.
- Le JT de TF1 vous raconte, en détails, les coulisses de cette opération rocambolesque.
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Le 20H
Si l’évasion semblait spectaculaire, ses ressorts le sont beaucoup moins. De grossiers faux documents et un culot monstre ont permis à Ilyas Kherbouch, dit « Ganito », de s’évader de la prison de Villepinte par la grande porte.
Condamné pour de violents braquages, cet homme monte, depuis sa cellule, une équipe au profil bigarré : un lycéen de 17 ans, un père de famille sans emploi de 28 ans, Dylan, vivant à Toulon, et une femme de 24 ans, Jana, ancienne escort-girl. Ces deux derniers auraient été recrutés sur Internet via les applications Snapchat et Signal, comme le raconte le reportage visible en tête de cet article.
Jusqu’à 100.000 euros promis aux complices
Pour convaincre ce petit groupe, « Ganito » promet de l’argent : jusqu’à 100.000 euros. Mais il menace aussi. C’est ce qu’a confirmé à une équipe de TF1 Me Réda Ghilaci, l’avocat de l’un des complices présumés : « Il a été contraint. Il a accepté un projet de nature délictuelle et puis, très vite, on lui a fait comprendre que c’était en réalité un projet d’évasion. Il a alors, à ce moment précis, manifesté volontairement son désistement. Et c’est là qu’il s’est fait menacer. »
Réputé violent, Ilyas Kherbouch, par téléphone, aurait aussi menacé le lycéen recruté. C’est ce dernier qui aurait fabriqué deux cartes de police rudimentaires et rédigé un ordre de transfert à l’aide de Google Docs et Canva, deux logiciels gratuits.
Je me suis dit qu’on allait se faire arrêter et qu’on pourrait expliquer qu’on avait été forcés
Je me suis dit qu’on allait se faire arrêter et qu’on pourrait expliquer qu’on avait été forcés
Jana, complice présumée de « Ganito »
Le 7 mars, les membres du trio se rencontrent porte d’Ivry à Paris, puis roulent vers la maison d’arrêt de Villepinte et activent un gyrophare. Dans la voiture, la femme de 24 ans découvre les faux documents. « C’était du travail de CP, ces cartes. Quand je les ai vues, j’ai été rassurée. Je me suis dit : à aucun moment, ça passe. Du coup, je me suis dit qu’on allait se faire arrêter et qu’on pourrait expliquer qu’on avait été forcés », a-t-elle expliqué aux enquêteurs.
Mais, contre toute attente, l’opération va marcher. Équipé de simples brassards orange police, le trio présente le faux mandat aux surveillants, qui leur confient le détenu.
Libre, « Ganito » ordonne à ses complices présumés de le conduire dans une cité de Melun, où il disparaît. Au lieu des 100.000 euros promis, les membres présumés du commando amateur reçoivent un billet de 50 euros. Rattrapé après 13 jours de cavale, Ilyas Kherbouch est depuis de retour derrière les barreaux. Les enquêteurs cherchent désormais à identifier d’éventuels complices à l’intérieur de la prison.




