Ordonnances ou 49-3 ? À cette question, Sébastien Lecornu n’a pas répondu ce vendredi 16 janvier au cours d’une allocution tenue en début de soirée sur le perron de Matignon. Après avoir mis un terme, la veille, aux débats, le chef du gouvernement a pris la parole pour faire le point sur l’avancée des discussions sur le budget.
Sans rien dire de comment il veut le voir adopter, il a fait une liste des mesures qu’il veut intégrer : revalorisation de la prime d’activité, suppression de l’année blanche, repas à un euro pour les étudiants, refus des allègements de charge pour les entreprises…
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Et le Premier ministre a rappelé la cible qui est la sienne : ramener le déficit public à 5 % du PIB à l’issue de l’année 2026 et « peut-être moins » si la croissance reste « soutenue ».
Où sont les recettes ou les économies ?
Reste un grand absent de ces 15 minutes de discours : comment Sébastien Lecornu compte-t-il financer l’ensemble de ces annonces, notamment les 2 nouveaux milliards d’euros que va coûter la prime d’activité. Tout juste a-t-il promis que dans cette nouvelle copie, il n’y aura « aucune augmentation de la fiscalité sur les ménages, directe ou indirecte ». Dans cet esprit, il a affirmé que la niche fiscale des retraités serait maintenue et que le barème de l’impôt sur le revenu réindexé pour suivre l’inflation.
Mais silence radio sur les autres recettes ; si Matignon évoque « un combat contre la sur-optimisation fiscale et les abus », l’entourage du Premier ministre ne dit rien sur un éventuel nouvel impôt sur la fortune ou la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises (Roland Lescure a confirmé ce samedi que cette surtaxe sera présente mais sans évoquer son rendement), deux dispositifs que l’Assemblée nationale avait rejetés en milieu de semaine. Pas un mot non plus sur les économies hormis la lutte contre la fraude qu’il dit vouloir intensifier.
Sans doute, Sébastien Lecornu se laisse-t-il encore quelques heures pour négocier un accord de non-censure avec les socialistes qui détiennent la clé de son maintien au gouvernement. La première réaction du PS le laisse d’ailleurs imaginer : « insuffisant » mais « les avancées sont réelles », a salué le parti d’Olivier Faure. « Plusieurs points nécessitent encore des échanges avec le gouvernement », a carrément ajouté Boris Vallaud, le président du groupe à l’Assemblée.
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