- L’arnaque à la fausse livraison franchit un cap : les escrocs envoient désormais une photo générée par IA du prétendu colis.
- Une équipe de TF1 se penche sur ce piège bien ficelé.
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L’intelligence artificielle, cette technologie qui bouleverse nos vies
« Bonjour, c’est votre coursier. Le paquet ne rentrait pas dans la boîte aux lettres. »
L’arnaque est désormais connue : un SMS très bien rédigé, indiquant par exemple que votre colis doit être déposé en point relais, avec un lien renvoyant vers un site frauduleux qui a pour but de dérober vos coordonnées bancaires. Mais désormais, les escrocs vont encore plus loin, et joignent à leur message une photo du soi-disant colis avec le logo d’une société de livraison, mais surtout avec le nom, le prénom et l’adresse du destinataire figurant sur l’étiquette. Cette image, générée par intelligence artificielle, a pour but de rendre l’arnaque encore plus convaincante, et donc de pousser le destinataire à cliquer sur le lien, et à renseigner ses informations.
Nicolas, qui a reçu ce type de message il y a quelques jours, fait le test face aux caméras de TF1 dans le reportage du JT de 13H visible en tête de cet article. Il clique sur le lien donné dans le SMS : « Déjà, on arrive sur un site France Colis, pas du tout Mondial Relay (le logo pourtant indiqué sur la fausse photo du colis, ndlr), qui me demande mon numéro de téléphone. »
En entrant un numéro de téléphone fictif, le site le renvoie alors sur une page qui lui demande ses coordonnées bancaires, soi-disant pour régler des frais de livraison supplémentaires. Avec cette escroquerie, à laquelle beaucoup de gens ont été confrontés ces derniers jours, il est encore plus difficile de se rendre compte de la supercherie. « La photo reçue avec intelligence artificielle est quand même super bien faite. Le logo Mondial Relay est approximatif, mais quand même très bien fait. Le texte est très bien écrit. C’est super bien fait, on peut se faire avoir, »
reconnaît Nicolas.
D’autant que les arnaqueurs utilisent parfois les données de nos proches pour tenter de nous faire tomber dans le piège. Béatrice, qui témoigne également dans notre reportage, a ainsi reçu cinq SMS, dont l’un affichait le nom et le prénom de son fils. « Le côté vraiment dégueulasse du truc apparaît d’autant plus, le fait de pouvoir s’en prendre à des mineurs. Ça fait bizarre, on se demande comment ils ont toutes ces infos en fait »
, souligne-t-elle.
Les données personnelles, « le nouvel or noir »
Noms, prénoms, adresse… Les malfaiteurs ont accès à ces informations grâce à des fuites de données. « Quand on fait des achats dans une boutique ou quand on veut s’inscrire à un club de sport, souvent on donne énormément d’informations personnelles pour pouvoir bénéficier d’un avantage, d’une carte de fidélité »,
explique auprès de TF1 Ingrid Söllner, directrice générale de la société de cybersécurité Bright Cyde. Il arrive régulièrement que les bases de données de ces plateformes soient hackées, et donc que des informations personnelles soient volées. « C’est très intéressant de récupérer des données personnelles. On dit que c’est le nouvel or noir, le nouveau pétrole »,
poursuit Ingrid Söllner.
Les données recueillies peuvent être utilisées directement par les malfaiteurs, ou bien être revendues au plus offrant. « Ils chercheront par exemple à utiliser eux-mêmes ces coordonnées bancaires pour tenter d’effectuer des achats, ou bien revendre les informations collectées à d’autres cybercriminels, qui en feront usage à leur tour »,
explique le gouvernement sur sa plateforme contre la cybermalveillance.




