François Hollande et Édouard Philippe se sont opposés ce samedi 11 avril, lors d’un débat policé organisé par le think tank Les Gracques, sur la question des retraites, le président d’Horizons réaffirmant sa conviction qu’il faudra « travailler plus » y compris en décalant l’âge de départ.
Comme on demandait à Édouard Philippe, lors d’une table-ronde consacrée à l’état des finances publiques, s’il prônait toujours un décalage de l’âge légal de départ à la retraite à 65, 66 ou 67 ans, l’ancien Premier ministre a répondu: « la question que vous posez là, c’est la bonne façon de continuer à crisper tout le monde ».
Mais « je continue à penser ce que je pense. (…) Puisque nous subissons une équation qui est assez comparable à celle que subissent nos voisins (…) nous n’aurons pas beaucoup de façon d’y répondre autrement que ce qu’ils ont fait. Nous allons donc, si nous voulons éviter la corde autour de notre cou qui serre et qui serre, accepter l’idée de travailler plus », a développé Edouard Philippe.
« C’est extrêmement délicat » car « il y a un refus français sur ce sujet ». Mais « on peut sans doute le faire mieux que par des mesures extrêmement brutales. Il vaut mieux y aller progressivement », a-t-il ajouté.
Des « spécificités sociales »
Invitant à prendre en compte les « spécificités sociales » et remarquant que la situation des cadres et non-cadres diffèrent, le président d’Horizons a dit ne pas être « sûr qu’on puisse demander la même chose à tout le monde ».
« Qu’il y ait plus de personnes dans l’emploi, oui. Qu’il y ait plus de personnes qui rentrent précocement dans l’activité, j’y suis favorable. Que nous puissions aménager les temps qui sont ceux de l’activité vers la période de la retraite, je suis partisan de cette politique », a répondu François Hollande.
Mais « c’est bien beau de dire on va travailler plus. Faut-il encore pouvoir être accueilli dans une entreprise qui nous permet de travailler plus », a ajouté l’ancien président.
François Hollande a évoqué la « souffrance au travail » et jugé qu’une « politique du travail » dans tous ses aspects devait être « mise en oeuvre si on veut qu’on puisse avoir plus d’heures travaillées dans notre pays ».
Alors que l’ancien président venait de vanter le rôle des partenaires sociaux, Édouard Philippe lui a répondu que dans les pays voisins, « la démocratie sociale, elle dit que pour rester prospère, il faut travailler plus longtemps. Moi, de ce point de vue-là, je me trouve plus social-démocrate allemand que vous ».
« Les socialistes sont toujours mieux à l’étranger », lui a rétorqué François Hollande. Auprès de la presse, François Hollande a vanté un « beau clivage »: « est-ce qu’on fait travailler plus de citoyens ou on fait travailler ceux qui travaillent davantage? ».
Article original publié sur BFMTV.com




