Elu pour la première fois en 2016, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a décroché un troisième mandat en remportant l’élection avec 76,15 % des voix, a annoncé, dans la nuit de lundi 5 à mardi 6 janvier, l’Autorité nationale des élections lors d’une cérémonie prévue à cet effet. Son principal opposant Anicet-Georges Dologuélé est arrivé en deuxième position avec 14,66 % des voix, selon ces résultats provisoires.
Quelque 52,43 % des électeurs de ce pays d’Afrique centrale se sont rendus aux urnes le 28 décembre 2025 pour un quadruple scrutin – présidentiel, législatif, régional et municipal – dont les résultats définitifs seront proclamés par le Conseil constitutionnel à la mi-janvier, après l’examen d’éventuels recours.
Réélu une première fois en 2020 lors d’un scrutin entaché de soupçons de fraude, Faustin-Archange Touadéra, 68 ans, est critiqué pour avoir fait adopter en 2023 une nouvelle constitution lui permettant de se maintenir au pouvoir.
L’opposition demande l’« annulation pure et simple des scrutins »
Le candidat Dologuélé a revendiqué sa victoire vendredi et dénoncé des irrégularités majeures dans ce scrutin. Le porte-parole du président Touadéra a rejeté ces allégations samedi, les qualifiant de « fausses » et mettant en garde contre les risques de « troubles ».
Henri-Marie Dondra, arrivé troisième avec 3,19 % des suffrages, a appelé lundi soir, avant même la proclamation des résultats provisoires officiels, à une « annulation pure et simple des scrutins », dénonçant « l’incapacité » de l’Autorité nationale des élections à organiser le vote.
Les observateurs de l’Union africaine (UA) ont de leur côté salué des « élections apaisées ». Le représentant de la délégation de l’UA avait loué, mardi lors d’une conférence de presse, « une marche en avant vers la démocratie », estimant que ces élections, « sans commune mesure avec les processus électoraux de 2016 et de 2020 », ont respecté les procédures légales en vigueur.
L’opposition, dont une partie a boycotté les élections, a dénoncé une « mascarade » et reproché aux institutions, dont l’Autorité nationale des élections et la Cour constitutionnelle, d’être aux mains du pouvoir en place.
Un pays fragile mais en voie de stabilisation
Le président réélu Touadéra s’est présenté lors de sa campagne comme le « candidat de la stabilité » dans un pays toujours fragilisé par une succession de guerres civiles, de coups d’Etat et de régimes autoritaires depuis son indépendance de la France en 1960.
Restez informés
Suivez-nous sur WhatsApp
Recevez l’essentiel de l’actualité africaine sur WhatsApp avec la chaîne du « Monde Afrique »
Rejoindre
Newsletter
« Le Monde Afrique »
Chaque samedi, retrouvez une semaine d’actualité et de débats, par la rédaction du « Monde Afrique »
S’inscrire
Le pays est en voie de stabilisation et le gouvernement contrôle aujourd’hui près de 90 % du territoire alors que 80 % du pays était contrôlé par des groupes armés en 2021, ont souligné plusieurs analystes interrogés par l’Agence France-Presse (AFP).
Mais la vie des 5,5 millions de Centrafricains, dont 71 % vivent toujours sous le seuil de pauvreté, reste précaire, avec un manque de services de base, de routes carrossables, un chômage endémique, un taux de formation faible et un coût de la vie de plus en plus élevé.
Et l’instabilité persiste toutefois à l’est, à la frontière des deux Soudans, et au nord-ouest. La signature d’accords de paix avec trois groupes armés cette année, la présence de l’ONU (Minusca) et celle de quelque 2 000 éléments des paramilitaires russes du groupe Wagner présents à la demande du président Touadéra ont permis de sécuriser les opérations de vote.
Une coalition de six groupes rebelles s’était formée en marge de la dernière élection présidentielle pour renverser le pouvoir et n’avait été repoussée que grâce à l’intervention de Wagner et de l’armée rwandaise.



