mercredi, août 26

Des torrents d’eau boueuse ont submergé le Népal, ce mercredi 26 août. Un bilan provisoire fait état d’au moins 98 morts et des centaines de personnes disparues, dont une majorité d’étrangers. Des victimes, au moins trois décès et 265 disparitions pour l’heure, sont également dénombrées de l’autre côté de la frontière avec la Chine, au Tibet.

• Un bilan humain provisoire

Quelques heures après les inondations, le décompte des victimes reste difficile et les bilans provisoires des différentes sources ne condordent pas toujours. Le ministère népalais de la Culture, du tourisme et de l’aviation civile fait état de 403 personnes disparues, dont 341 étrangers.

Sur X, l’Office de tourisme népalais a de son côté recensé 384 voyageurs manquants, dont 93 sont népalais et 291 sont étrangers. Parmi ces derniers, les nationalités de 111 personnes restent à confirmer, précise cette même source. Concernant les autres, 142 personnes sont indiennes et 17 viennent de Malaisie.

Le ministère des Affaires étrangères malais a toutefois indiqué que son ambassade à Katmandou avait été informée par les agences de voyage qu’elles avaient perdu le contact avec 11 ressortissants malais dans le district de Rasuwa, frontalier avec la Chine.

Par ailleurs, 12 personnes viennent du Royaume-Uni, quatre d’Afrique du Sud, trois des États-Unis, une d’Australie et une des Pays-Bas, selon l’Office de tourisme.

Des responsables sud-coréens ont pour leur part confirmé que huit de leurs ressortissants qui travaillaient sur une centrale hydroélectrique dans le district de Rasuwa n’avaient pas donné signe de vie après les inondations.

Le ministère des Affaires étrangères italien a indiqué de son côté que deux touristes italiens et leur guide s’étaient retrouvés bloqués en amont d’un glissement de terrain mais qu’ils étaient en train d’être secourus. Le ministère a recensé 90 citoyens italiens actuellement au Népal et au Tibet, mais ne sait pas pour l’instant s’ils ont été touchés par la crue.

Dans un communiqué commun, les ambassades du Royaume-Uni, d’Australie, de Finlande, de France, de Norvège, de Suisse et de l’UE au Népal encouragent leurs ressortissants résidant dans les zones touchées par les inondations à « suivre les consignes des autorités locales et les recommandations officielles en matière de sécurité ».

La coulée de boue a frappé Syabrubesi, point de départ du célèbre trek du Langtang, et d’autres zones fréquentées par les voyageurs pour le pèlerinage hindou vers le Kailash Mansarovar.

• « Nous devons tous rester unis »

Cette crue dévastatrice est survenue ce mercredi matin dans le nord du Népal, près de la frontière avec la Chine. La police a notamment diffusé sur les réseaux sociaux les images impressionnantes d’une énorme vague déferlant dans une vallée encaissée du district de Rasuwa, en emportant plusieurs bâtiments.

L’armée a annoncé avoir dépêché sur place des hommes et des hélicoptères. « Le travail d’évaluation des dégâts est en cours », a-t-elle indiqué. L’Autorité de gestion de l’électricité a pour sa part rapporté des dégâts sur plusieurs de ses installations locales, notamment des barrages et des centrales solaires, et fait état de « coupures d’électricité ».

Le Premier ministre népalais, Balendra Shah, a indiqué avoir convoqué une réunion d’urgence de l’Autorité nationale en charge de la gestion des situations d’urgence.

« La douleur et les pertes que vous avez subies ne sont pas minimes. Mais je tiens à vous assurer que vous n’êtes pas seuls dans cette période difficile: l’État est à vos côtés avec tous ses moyens et ressources », a-t-il déclaré aux Népalais dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

« Je vous demande de faire preuve de patience. Le gouvernement prend entièrement en charge les opérations de secours, les soins médicaux, ainsi que votre hébergement et votre alimentation. Face à une telle catastrophe, nous devons tous rester unis », a-t-il ajouté.

• Des actions coordonnées avec la Chine

Le ministre népalais des Affaires étrangères, Shishir Khanal, affirme que le Tibet a également subi d' »énormes dégâts » et que son pays coordonne donc ses actions avec la Chine.

Le président chinois Xi Jinping a ordonné « la mobilisation de tous les moyens » afin de secourir les blessés et de minimiser les pertes humaines après ce drame qui s’est déroulé vers 10h30 (4h30 du matin en France) au poste frontière de Gyirong.

« La priorité absolue est la mobilisation de tous les moyens pour rechercher et secourir les personnes disparues, évacuer et reloger les habitants en danger, soigner rapidement les blessés et réduire au maximum le nombre de victimes », a indiqué Xi Jinping, qui ne s’exprime généralement après des catastrophes que lorsque le bilan humain est lourd.

• L’Inde et l’Union européenne se mobilisent

Le Premier ministre indien Narendra Modi a indiqué s’être entretenu avec son homologue népalais, auquel il a proposé l’aide de son pays pour les opérations de secours. « Le peuple indien se tient aux côtés de ses frères et sœurs népalais en cette période difficile », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Il a ajouté que son pays était « prêt à fournir toute l’assistance humanitaire possible au Népal » et que les Indiens et les Népalais coordonnaient étroitement les opérations de recherche et de secours.

De son côté, l’Union européenne a indiqué avoir activé son système de surveillance par satellite, Copernicus, pour aider les secouristes après ces inondations massives, et s’est dite prête à fournir davantage d’aide.

« Copernicus a été activé pour contribuer à cartographier les zones touchées au Népal et soutenir les opérations de secours sur le terrain », a affirmé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, sur X. « Nous sommes prêts à fournir une aide européenne supplémentaire », a-t-elle ajouté.

• De premières pistes pour expliquer le phénomène

L’inondation « a été provoquée par une avalanche de glace tombée dans la rivière Lhende mais sa cause exacte reste à confirmer », a indiqué Qianggong Zhang, un scientifique du Centre international pour le développement intégré de la montagne (ICIMOD) basé à Katmandou.

Au Parlement, citant des informations préliminaires, le ministre népalais des Affaires étrangères, Shishir Khanal, a ajouté qu’un séisme a frappé la région vers 8h37, heure locale. Selon lui, le tremblement de terre a déclenché l’avalanche, qui a elle-même provoqué les crues soudaines. Le ministre précise que ces informations restent à vérifier.

Qianggong Zhang a toutefois mis en garde: le bouchon causé par l’avalanche dans la rivière est resté en place « et une seconde inondation pourrait donc intervenir ».

Article original publié sur BFMTV.com

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