Un jeune homme de 23 ans, membre du collectif identitaire Némésis, dont il assurait, selon ce dernier, le service d’ordre, a été hospitalisé vendredi soir après avoir été passé à tabac à Lyon la veille par plusieurs individus susceptibles d’appartenir à un groupuscule antifasciste. Voici ce que l’on sait.
Le déroulé des faits
Selon les premiers éléments, l’incident se serait produit en marge d’un rassemblement du collectif Némésis devant l’Institut d’études politiques (IEP) de Lyon pour protester contre une conférence de l’eurodéputée La France insoumise (LFI) Rima Hassan. Une rixe pourrait avoir éclaté entre le groupe de militants d’extrême droite et un groupuscule antifasciste.
« La thèse de la simple ‘rixe’ entre deux groupes rivaux ne semble pas correspondre à la réalité des faits », a toutefois affirmé Me Fabien Rajon, l’avocat du jeune homme et de sa famille dans un communiqué. « Il s’agirait plutôt d’un lynchage gratuit de la part de plusieurs individus, en surnombre et armés, qui se seraient acharnés sur la victime isolée. »
Selon le parquet de Lyon, qui a ouvert une enquête pour violences aggravées, le jeune blessé est hospitalisé avec un pronostic vital engagé.
Qui est le jeune homme passé à tabac ?
Prénommé Quentin et âgé de 23 ans, la victime est membre du collectif identitaire Némésis, groupe d’action d’extrême droite se réclamant du féminisme, crée en octobre 2019.
Son avocat précise qu’il est « étudiant en mathématique, pratiquant le tennis et la philosophie » et qu’il était « investi dans la vie pastorale, en particulier au sein de la chorale de sa paroisse ».
Ce dernier affirme également que « le jeune Quentin n’était ni agent de sécurité ni membre d’un quelconque service d’ordre ». Toujours d’après l’avocat de la famille, il n’avait « aucun antécédent judiciaire » et avait « toujours défendu ses convictions de manière non violente ».
Un groupuscule d’extrême gauche mis en cause
Dans un communiqué, le collectif Némésis a dit avoir reconnu parmi les agresseurs du jeune grièvement blessé un collaborateur parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, « membre actif de la Jeune Garde ».
La Jeune Garde, groupe antifasciste dont Raphaël Arnault est l’un des fondateurs, a été dissoute en 2025 par le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau qui lui reprochait « des agissements violents ».
Contacté par l’Agence France-Presse (AFP) vendredi, Raphaël Arnault, dont l’élection en 2024 avait été critiquée par les macronistes, la droite et l’extrême droite en raison de la fiche S dont il fait l’objet, n’avait pas réagi dans l’immédiat.
La France insoumise est très proche de la Jeune Garde, qui avait été fondée en 2018, et a vertement critiqué sa dissolution.
Un déluge de réactions à droite
La proximité entre le groupuscule mis en cause et LFI n’a pas tardé à déclencher une tempête de réactions politiques. « L’impunité de l’extrême gauche doit cesser », a déclaré Jordan Bardella sur ses réseaux sociaux tandis que Marine Le Pen a demandé que les « milices d’extrême gauche » soient désormais considérées comme « des groupes terroristes ».
« Non, Jean-Luc Mélenchon, ce n’est pas la police qui tue en France, c’est l’ultra-gauche ! », a lancé Bruno Retailleau à l’adresse du leader Insoumis, dans un message sur X qu’il a ensuite modifié en retirant cette formule – tout comme une autre faisant état du « décès » du jeune homme de 23 ans, remplacé par une mention de son « tabassage à mort ».
Le secrétaire général du parti Renaissance, Gabriel Attal, a pour sa part dénoncé « la violence de l’extrême gauche (qui) s’est déchaînée », appelant à une « condamnation unanime » de ces faits « extrêmement graves ».
LFI se défend
De son côté LFI a condamné « avec la plus grande fermeté toute violence physique » par la voix de son coordinateur, Manuel Bompard, rejetant toute responsabilité dans cette affaire.
« Contrairement à ce que certains veulent faire croire, à aucun moment, Rima Hassan ou les équipes de La France insoumise qui l’accompagnaient pour la conférence organisée à l’IEP de Lyon n’ont eu de contact avec les groupuscules fascistes qui ont tenté de la perturber. (…) Ce climat de violences doit cesser. Personne ne doit perdre sa vie pour ses idées », a écrit sur X Manuel Bompard.
Rima Hassan, directement concernée par l’incident, a également affirmé que « le seul et unique service d’ordre avec lequel (elle) collabore et qui (l)’accompagne est celui de La France insoumise qui n’a jamais recours à la violence et qui n’est en aucun cas impliqué dans ces affrontements ».
« Les personnes responsables de ces violences doivent rendre des comptes dans les plus brefs délais pour que justice soit faite », a encore écrit l’eurodéputée.
Avec AFP




