samedi, mars 28

Catherine Trautmann a été officiellement élue maire de Strasbourg samedi lors du conseil municipal, retrouvant un siège qu’elle avait quitté il y a 25 ans, et promettant de faire de ce mandat celui de l' »apaisement » après une campagne parfois âpre.

« Je ferai mon possible pour que ce mandat soit celui de l’apaisement », a déclaré Mme Trautmann, appelant à « sortir des anathèmes, des postures, de cette politique du ressentiment ».

« La politique de l’action plutôt que celle du dogme, voilà ma boussole », a-t-elle aussi dit, dans une pique à l’équipe écologiste sortante dont elle avait fustigé le « dogmatisme » pendant la campagne électorale.

« Nous ne serons pas dans le ressentiment (…) dans la caricature ni le mensonge », lui a répondu la maire sortante, l’écologiste Jeanne Barseghian, souhaitant incarner une « opposition exigeante et constructive ».

Mais elle a averti: « Face à l’immobilisme, nous serons toujours du côté de l’action. Face à la nostalgie du passé, nous porterons la vision du futur. Et face à la résignation et au repli, nous porterons l’espoir. »

Ancienne ministre de la Culture de Lionel Jospin, Catherine Trautmann, 75 ans, a déjà été maire de Strasbourg à deux reprises, de 1989 à 1997 et en 2000-2001. Elle siège depuis 1983 au conseil municipal.

« Ce n’est pas une première mais c’est toujours un moment particulier », a-t-elle glissé à des journalistes avant le conseil.

Mme Trautmann l’a emporté avec 37% des voix à l’issue d’une campagne parfois tendue, marquée par l’inimitié affichée entre elle et la sortante, et par des ralliements inattendus.

Catherine Trautmann s’était alliée avec le candidat Horizons pendant l’entre-deux-tours, face à la sortante écologiste Jeanne Barseghian, rejointe par le candidat Insoumis, dont l’alliance a rassemblé 31,7% des voix.

Le candidat LR Jean-Philippe Vetter a réuni pour sa part 31,3% des voix.

Après ces élections, « le peuple de Strasbourg se réveille divisé en trois blocs », a déclaré l’Insoumis Florian Kobryn.

« Votre campagne a joué de toutes les ambiguïtés », a-t-il lancé à Mme Trautmann l’appelant à « trancher et choisir de quel côté de l’histoire vous souhaitez vous placer ».

Il l’a appelée notamment à suspendre le jumelage avec la ville israélienne de Ramat Gan. Lors du conseil, deux conseillères municipales Insoumises, Lisa Farault et Halima Meneceur, arboraient un keffieh palestinien sur leurs épaules.

pau/sp

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