On en sait plus sur comment s’est déroulée l’opération qui a permis aux États-Unis de capturer et exfiltrer le président vénézuélien Nicolás Maduro et son épouse de leur pays dans la nuit de vendredi à ce samedi 3 janvier. Baptisée avec grandiloquence « Absolute Resolve » (Détermination absolue), elle aura duré moins de cinq heures.
Présent au côté de Donald Trump lors de sa conférence de presse ce samedi après-midi, le chef d’état-major américain, le général Dan Caine, a donné des détails sur l’opération militaire. Elle a été « discrète, précise et menée pendant les heures d’obscurité maximale du 2 janvier » et « est le point culminant de mois de préparation et d’entraînement », a-t-il déclaré, précisant qu’elle a mobilisé plus de 150 avions, bombardiers, chasseurs, appareils de renseignement, drones de reconnaissance, de surveillance et des hélicoptères.
Après la capture de Maduro, Trump affiche son appétit démesuré pour le pétrole vénézuélien
Les États-Unis ont affirmé qu’aucun Américain n’a été tué lors de l’opération, dont le bilan humain côté vénézuélien reste inconnu. « Maduro et son épouse, tous deux inculpés, se sont rendus sans résister et ont été placés en détention par le ministère de la Justice, avec l’aide de notre incroyable armée américaine », a ajouté le haut gradé américain.
Des mois de préparation
Tout d’abord, l’élaboration de cette opération a commencé par « des mois de travail » pour établir les habitudes de Nicolás Maduro. Les services de renseignement américains ont essayé de « comprendre comment [le président vénézuélien] se déplaçait, où il vivait, où il voyageait, ce qu’il mangeait, ce qu’il portait, quels étaient ses animaux de compagnie », jusqu’en décembre.
Puis, ils ont finalement décidé de passer à l’acte le 3 janvier, la météo étant devenue plus clémente. « Le temps s’est suffisamment amélioré pour permettre aux aviateurs les plus habiles au monde de manœuvrer à travers les montagnes, l’océan et les nuages bas », a déclaré le général Dan Caine.
Puis est arrivé le jour-J. Voici le déroulé de l’opération heure par heure.
La « Détermination absolue » en quelques heures
-
À 22h46 à Washington, Donald Trump a donné l’ordre d’exécution de la mission. Le haut gradé explique que « des avions ont commencé à décoller de vingt bases différentes sur terre et en mer à travers l’hémisphère occidental ».
-
Un peu plus tard, les engins sont arrivés près des côtes vénézuéliennes, à très basse altitude, moins de 50 mètres de l’eau. Les militaires américains ont alors commencé « à démanteler et à désactiver les systèmes de défense aérienne du Venezuela, en utilisant des armes pour assurer le passage en toute sécurité des hélicoptères ».
-
Ils ont ensuite « démantelé et désactivé » les systèmes de défense aérienne du pays avec de premières frappes. Le général a expliqué que « lorsque la force a franchi le dernier point élevé où elle s’était cachée dans le brouillard, nous avons estimé que nous avions conservé totalement l’effet de surprise. Les hélicoptères se sont alors dirigés vers leur objectif à basse altitude ».
-
À 1h01 du matin, heure de Washington (2h01 à Caracas), les hélicoptères se sont posés là où avaient été localisés Nicolás Maduro et son épouse. Si l’endroit en question n’a pas été divulgué, Donald Trump a précisé : « Il se trouvait dans un endroit très fortement gardé… en fait, c’était comme une forteresse ». Il a ensuite essayé de se réfugier dans un bunker, sans succès. « Nicolás Maduro et son épouse, tous deux inculpés, se sont rendus et ont été placés en détention par le ministère de la justice », a-t-il été précisé. De son côté, le général a expliqué que la « force d’intervention a pénétré dans le complexe de Maduro et s’est déplacée avec rapidité, précision et discipline vers son objectif, isolant la zone pour assurer la sécurité des forces terrestres tout en appréhendant les personnes inculpées. »
-
L’armée américaine a fait face à de la résistance de la part de la sécurité vénézuélienne puisque les hélicoptères ont été pris pour cible par des tirs. Ce à quoi les Américains ont évidemment « riposté avec une force écrasante », selon le général. Un des hélicoptères a toutefois été endommagé, ce qui ne l’a pas empêché de pouvoir rentrer au pays.
-
Est venu le temps de sortir du territoire avec le couple Maduro à bord des hélicoptères. « Des avions de combat et des drones assuraient la couverture aérienne et fournissaient un feu de couverture. Il y a eu plusieurs engagements d’autodéfense lorsque les forces ont commencé à se retirer du Venezuela, mais elles ont réussi à s’exfiltrer et à regagner leurs bases de lancement flottantes, et se sont retrouvées au-dessus de l’eau », a expliqué le général.
-
Enfin, 3h29 du matin, heure de Washington, Nicolás Maduro et Cilia Flores ont embarqué dans le navire de l’armée américaine USS Iwo Jima.
Le but de tout ceci : les traduire devant la justice américaine sur la base d’accusations de « narcoterrorisme » et surtout faire main basse sur les ressources pétrolières du pays que Donald Trump convoite tant, alors que ce dernier a déjà annoncé que les compagnies américaines vont s’implanter dans le pays dès que possible.
Trump « capture » Maduro, la gauche en tête pour dénoncer « l’agression » américaine au Venezuela
Nicolás Maduro « capturé », un scénario rocambolesque sans précédent, si ce n’est celui au Panama en 1989



