jeudi, août 20

Au moins 1 243 morts en excès « toutes causes » confondues – pas encore imputables avec certitude à la chaleur à ce stade –, ont été enregistrés du 3 au 22 juillet, sur les déjà 14 713 décès en excès comptabilisés au total sur les périodes de fortes températures. Cette estimation de la surmortalité livrée Santé publique France (SpF) se base sur « les certificats de décès remontés jusqu’à la date d’hier (mardi, NDLR) », recouvrant environ 80% de la mortalité nationale, en comparaison avec les chiffres de la mortalité attendue sur la période, a précisé lors d’un point presse Sébastien Denys, directeur santé-environnement-travail au sein de SpF.

À ce stade, le bilan encore provisoire des victimes des fortes températures cette année s’élève déjà à 7 300 morts. 5 764 morts en excès ont été recensées du 17 au 30 juin, et 300 autres lors du tout premier épisode caniculaire de cette année, du 24 au 28 mai. Ce bilan est voué à s’alourdir, car il ne prend pas encore en compte tous les décès enregistrés sur l’été entier dus à la chaleur, qui a aussi des effets sanitaires à retardement sur les organismes. Aussi, une troisième vague est survenue depuis fin juillet et sa mortalité n’est pas encore complètement mesurable.

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Une mortalité élevée en Ehpad comme à domicile

Au total, la France a connu 52 jours de vagues de chaleur depuis mi-juin, un record, devant les 33 jours de 2022 ou les 22 jours de l’été de 2003, selon l’analyse par l’AFP des données de l’agence nationale Météo-France. Au-delà de la France, l’Europe occidentale a connu son début d’été le plus chaud jamais enregistré, avec une période juin-juillet à un niveau record, sur fond de vagues de chaleur à répétition, de sécheresse généralisée et d’incendies dramatiques, alimentés par le réchauffement climatique.

En juillet les « personnes âgées de 75 ans et plus », parmi les plus vulnérables car elles souffrent souvent de comorbidités notamment, ont représenté près des trois quarts des décès en excès recensés, même si ces derniers ont touché « toutes les classes d’âge » à partir de 45 ans. Ces décès de personnes âgées, « les premières victimes de ces épisodes, aussi bien en termes de mortalité qu’en termes de morbidité », a rappelé M. Denys, se sont produits dans tous types de lieux : établissements hospitaliers, maisons de retraite/Ehpad, mais avec aussi à domicile.

Un bilan définitif à venir en octobre

Cet « épisode caniculaire » de juillet « a été moins intense mais néanmoins assez remarquable par sa durée et son étendue territoriale puisque 78 départements ont été concernés », soit près de 80% de la population hexagonale, a-t-il noté. La précédente vague de chaleur, en juin, a été plus intense que la canicule d’août 2003, un événement qui avait traumatisé le pays en causant 15 000 morts. Elle a affecté presque toute la population française et a été suivie d’une deuxième vague en juillet.

La troisième vague de chaleur, qui sévit au mecredi 19 août et a débuté le 28 juillet, est d’ores et déjà la deuxième plus longue jamais enregistrée dans le pays, a annoncé mercredi Météo-France. Depuis la publication des premiers chiffres, qui progressivement s’affinent, les bilans de mortalité des périodes de fortes chaleurs de 2026 ont alimenté une âpre bataille politique, le gouvernement se voyant accusé d’impréparation par les oppositions. Un bilan définitif sera publié en octobre.

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