mardi, mars 24

  • Les conservateurs sont très largement utilisés par l’industrie agroalimentaire à l’échelle mondiale.
  • Une consommation plus élevée d’additifs alimentaires conservateurs a été associée à une augmentation du risque de cancer et de diabète de type 2.

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Alimentation, faites-vous du bien

Deux nouvelles études de l’Inserm (nouvelle fenêtre) suggèrent une association entre la consommation de conservateurs (nouvelle fenêtre), largement utilisés dans les aliments et les boissons transformés industriellement pour prolonger leur durée de conservation (nouvelle fenêtre), et un risque accru de cancer et de diabète de type 2.

Entre 2009 et 2023, plus de 100.000 adultes volontaires ont déclaré leurs antécédents médicaux, leurs données sociodémographiques, leurs habitudes en matière d’activité physique, ainsi que des indications sur leur mode de vie et leur état de santé. Ils ont également renseigné régulièrement leurs consommations alimentaires en transmettant des enregistrements complets, incluant les noms et marques des produits industriels consommés.

Au cours de la période de suivi, 4.226 participants ont reçu un diagnostic de cancer, dont 1.208 cancers du sein, 508 cancers de la prostate, 352 cancers colorectaux et 2.158 autres cancers. Concernant le diabète de type 2, 1.131 cas ont été identifiés parmi les 108.723 participants de cette étude.

17 conservateurs largement utilisés analysés par les chercheurs

Les chercheurs ont analysé 17 conservateurs consommés par au moins 10 % des participants. Sur ces substances, 11 n’étaient pas associées à l’incidence de cancer. L’étude révèle tout de même qu’une consommation plus élevée de plusieurs conservateurs, notamment des conservateurs non antioxydants, était associée à un risque plus élevé de cancer.

Enfin, 12 des substances étudiées étaient associées à un risque accru de diabète de type 2. Notamment des conservateurs non antioxydants largement utilisés comme le potassium, le nitrite de sodium ou encore des acides acétique, ainsi que des additifs antioxydants.

« Il s’agit des deux premières études au monde sur les liens entre additifs conservateurs et incidence de cancer et de diabète de type 2. Bien que les résultats de ces deux études doivent être confirmés, ils concordent avec les données expérimentales suggérant des effets néfastes de plusieurs de ces composés », explique Mathilde Touvier, directrice de recherche Inserm et coordinatrice de ces travaux.

« Ces nouvelles données s’ajoutent à d’autres en faveur d’une réévaluation des réglementations régissant l’utilisation générale des additifs alimentaires par l’industrie alimentaire afin d’améliorer la protection des consommateurs », ajoute Anaïs Hasenböhler, doctorante à l’Eren qui a réalisé ces études. 

« Ces travaux justifient les recommandations du Programme national Nutrition santé faites aux consommateurs de privilégier les aliments frais et peu transformés et de limiter autant que possible les additifs superflus », conclut Mathilde Touvier.

D’autres travaux sont nécessaires pour mieux comprendre les risques potentiels. Selon les chercheurs, plusieurs études expérimentales ont observé que certains de ces composés peuvent altérer les voies immunitaires et inflammatoires, ce qui pourrait déclencher le développement d’un cancer.

Camille BLUTEAU

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