
Une filiale du groupe hongkongais CK Hutchison a engagé une procédure d’arbitrage contre le Panama après l’annulation de sa concession pour exploiter deux ports sur le canal, a annoncé l’entreprise mardi 3 février dans un communiqué.
Dénonçant une « campagne de l’Etat panaméen dirigée spécifiquement » contre elle, Panama Ports Company (PPC) a affirmé subir des « dommages graves » en raison d’une « série d’actions abruptes » de la part du pays d’Amérique centrale.
La Cour suprême panaméenne a invalidé le 29 janvier la concession dont jouissait cette compagnie pour exploiter deux ports situés aux deux extrémités de cette voie, provoquant une vive réaction de Pékin qui a promis de « protéger les droits et intérêts légitimes de ses entreprises ».
« La République du Panama n’a pas respecté le contrat ni les lois applicables. PPC demande une indemnisation conséquente basée sur une évaluation des données financières pertinentes, sujette à une résolution rapide, et certaines autres solutions, si cela s’avère nécessaire », a de son côté fait valoir mardi le groupe, sans avancer de montants.
Différend entre la Chine et les Etats-Unis
Le canal de Panama, voie stratégique pour le commerce mondial, est le théâtre d’un différend entre ses deux principaux utilisateurs, la Chine et les Etats-Unis.
Washington cherche à limiter l’influence de Pékin sur le canal, le président Donald Trump ayant menacé à plusieurs reprises de le refaire passer sous contrôle américain.
La Cour panaméenne a jugé la concession inconstitutionnelle car avantageant de façon « disproportionnée » le groupe PPC, sans « aucune justification » et « au détriment des caisses de l’Etat ».
La concession doit être reprise à titre temporaire par le géant danois du transport maritime Maersk.




