L’armée avait initialement nié la tuerie, puis parlé d’un « malheureux accident ». Sous la pression internationale, le président Paul Biya avait finalement exigé l’ouverture d’une enquête qui avait conclu à la responsabilité de trois militaires dits « incontrôlés » et désobéissant aux ordres, avec l’aide d’un groupe de miliciens.
Illaria Allegrozi, chercheuse senior sur le Sahel à Human Rights Watch, affirme qu’un pas en avant dans la lutte contre l’impunité a été franchi : « Le tribunal militaire s’est prononcé sur la culpabilité des quatre accusés qui étaient poursuivis dans le cadre du procès pour le massacre de Ngarbuh. Et cette décision marque une étape importante dans la recherche de la vérité.
La chercheuse regrette qu’aucun officier supérieur n’est été inculpé dans le dossier : « Mais je pense que les autorités ont manqué une occasion pour démontrer que personne n’est au-dessus de la loi, parce que le procès pour le massacre de Ngarbuh étaient une opportunité pour le gouvernement camerounais de montrer aux Camerounais et à la communauté internationale qui s’est largement investi dans la recherche de la vérité après le massacre, qu’il peut tenir ses officiers supérieurs pour responsables de leurs actes. Pour moi, la chose la plus grave, c’est qu’aucun officier de haut rang n’a été arrêté ni inculpé dans ce procès. Et même les 17 miliciens qui auraient aidé les soldats à perpétrer cette tuerie ont été inculpé de meurtre, mais sont toujours en liberté. »
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