- Depuis jeudi, le procès d’Ilyas Kherbouch se tenait à Paris pour le home-jacking de l’ancien portier du PSG Gianluigi Donnarumma et de son épouse, le 21 juillet 2023.
- Le jeune homme de 21 ans, qui s’était évadé quelques jours de prison en mars, a été reconnu coupable d’avoir commandité le cambriolage.
- Après une journée d’audience chaotique jeudi, le procès s’est achevé dans une ambiance plus apaisée.
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Plus de trois ans après les faits, la justice a rendu son verdict. Ilyas Kherbouch, le commanditaire du cambriolage de l’ancien joueur du PSG Gianluigi Donnarumma et de sa compagne, séquestrés en juillet 2023 dans leur appartement parisien, a été condamné, dans la nuit du vendredi 11 au samedi 12 septembre, par le tribunal de Paris à neuf ans de prison avec maintien en détention.
Le 21 juillet 2023, en pleine nuit, le couple avait été tiré du lit et ligoté (nouvelle fenêtre) à son domicile avenue Montaigne, l’un des quartiers les plus chics de la capitale. Gianluigi Donnarumma, transféré depuis à Manchester City, avait alors été frappé à coups de gants coqués jusqu’au sang, tandis que ses agresseurs lui réclamaient « l’argent, les montres »
. Sa compagne, enceinte, Alessia Elefante, avait elle été étranglée avec un câble de chargeur de téléphone.
Les sept hommes présents, dont certains n’ont pas été identifiés (nouvelle fenêtre), ont raflé en quelques minutes espèces, bijoux, montres et sacs de luxe, estimés par le portier de la sélection nationale italienne à un peu moins d’un million d’euros.
Un autre commanditaire présumé finalement relaxé
Ilyas Kherbouch, 21 ans, était jugé pour avoir commandité l’opération depuis sa cellule. Le parquet avait requis une peine de 10 ans à l’encontre du jeune homme, placé en détention depuis ses 14 ans. Surnommé « Ganito », il s’était fait connaître en mars dernier après son improbable évasion de la prison de Villepinte (nouvelle fenêtre), en Seine-Saint-Denis. Son nom revient aussi dans de multiples dossiers de séquestrations (nouvelle fenêtre).
Cambriolage chez Gianluigi Donnarumma : « Ganito » condamné à 9 ans de prisonSource : TF1 Info
Durant les deux jours d’audience, Ilyas Kherbouch a nié avoir été à l’origine du cambriolage traumatisant du couple, qui n’était pas présent au procès. Les échanges et vidéos retrouvés sur les téléphones qu’il utilisait en détention étaient également utilisés par d’autres, selon ses dires. Il n’est pourtant pas parvenu à convaincre le tribunal, qui l’a condamné à neuf ans de prison ferme et 80.000 euros d’amende dans son délibéré, prononcé aux alentours d’une heure du matin.
Considéré par l’accusation comme le second commanditaire du home-jacking, Khyan M., 22 ans, a en revanche été relaxé. Une peine de neuf ans de prison avait été requise contre lui.
« Deux morts collatérales » après la violente agression
Au-delà du préjudice financier et de l’agression du couple, il y a également dans cette affaire eu « deux morts collatérales »
, a rappelé le ministère public. Alessia Elefante a perdu l’enfant qu’elle attendait, une fausse couche survenue peu de temps après le cambriolage et attribuée au choc subi ce soir-là (nouvelle fenêtre). Par ailleurs, un homme présent sur place au moment du home-jacking et détenu à Fresnes, en Val-de-Marne, s’est suicidé dans sa cellule le 10 mai 2024. Considéré comme une « balance »
, il avait fait l’objet de menaces.
Il s’agissait de l’ami d’enfance du seul prévenu qui était présent avenue Montaigne la nuit du home-jacking. Moktar D., chargé de faire le guet. Ce dernier a quant à lui été condamné à une peine de 5 ans de prison dont 2 ans assortis d’un sursis probatoire. Le jeune homme avait été séquestré après l’opération pour avoir quitté les lieux trop tôt.
Très éloignée de l’ambiance chaotique de jeudi, la seconde et dernière journée de ce procès très suivi s’est déroulée dans un climat apaisé, peu après les excuses d’un « Ganito » métamorphosé, qui a affirmé rêver de s’en sortir. La veille, il avait été momentanément exclu de l’audience, puis avait copieusement insulté les policiers après que deux de ses frères, présents dans la salle, aient été priés de sortir.
« Le climat qui a entouré ces deux jours – et l’emballement qui l’a accompagné – a rendu difficile tout examen serein d’un dossier qui, pourtant, appelait précision et mesure »
, a regretté auprès de l’AFP son avocat Me Alfred Reboul, peu après la décision du tribunal. Ilyas Kherbouch ne pourra en sortir qu’en avril 2043, selon les calculs du procureur, qui lui a reconnu une capacité « d’élocution »
et « d’intelligence »
à mille lieues de son attitude de la veille.



