- Une vaste fraude aux immatriculations a été démantelée dans 69 départements français.
- Au moins une cinquantaine de garagistes ont été touchés.
- Deux d’entre eux, à qui le fisc réclame des dizaines de milliers d’euros, témoignent auprès de TF1.
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Le 13H
À chaque fois qu’il consulte ses registres d’immatriculation, Arnaud Chiron ne décolère pas. Il y a quelques mois, le nombre de ses demandes de cartes grises a explosé. Un phénomène inhabituel et suspect (nouvelle fenêtre). « Il y en a pour environ 500 cartes grises. Pour un préjudice de 120.000 euros. Alors qu’à l’origine, on en fait 100, 150 grand maximum par an »,
détaille le gérant du garage « AC automobile », à Saint-Denis-la-Chevasse (Vendée), dans le reportage du JT de TF1 visible en tête de cet article.
Pour créer ses cartes, le professionnel utilise un logiciel, pourtant ultra-sécurisé, géré par les services de l’État. Pourtant, il y a quelques semaines, il reçoit un appel de la gendarmerie et réalise qu’il a été victime d’escrocs. « Ils avaient arrêté un véhicule lors d’un contrôle routier, les papiers n’étaient pas en règle et ils ont dit que c’était nous qui étions à l’origine de l’émission de ces papiers
« . Arnaud Chiron comprend alors qu’il s’est fait usurper son identité.
200.000 euros pour 900 cartes frauduleuses
Car l’affaire est connue depuis des semaines. Le garagiste s’est fait dérober ses codes d’accès, utilisés ensuite par des escrocs pour créer de fausses cartes grises. Leur but : refaire de nouvelles cartes ou immatriculer des véhicules volés. Une arnaque qui coûte cher aux professionnels : pour chaque carte éditée, ils doivent payer une redevance au Trésor public. D’où les 120.000 euros réclamés à Arnaud Chiron, qui a porté plainte et a demandé l’annulation de cette somme auprès des services fiscaux. Mais il redoute de devoir payer. « Ça peut puiser vraiment dans notre trésorerie, même la solder complètement. Et derrière ne plus pouvoir payer nos fournisseurs ou même le personnel »
, alerte-t-il.
À quelques kilomètres, dans cet autre garage, le fisc réclame 200.000 euros pour 900 cartes frauduleuses. Jonathan Richard a aussi porté plainte. Il anticipe des conséquences sur les acheteurs. « On pense aussi à tous les gens qui ont ces cartes grises fraudées, qui vont être contactés. Les gens qui vont acheter des véhicules pensant que tout est ok »
, affirme le propriétaire du garage « Beau-Lieu Méca Services », à Beaulieu-sous-la-Roche.
Le syndicat des garagistes demande un accompagnement d’urgence des entreprises touchées. Et plus de sécurité sur le service d’immatriculation en ligne. Alertée sur ce phénomène, la préfecture de la Vendée est particulièrement vigilante. « Désormais, les services de la préfecture bloquent l’habilitation d’un garagiste dès le moindre signal faible ou indice suspect porté à notre connaissance »
, a assuré le préfet, Éric Freysselinard. En France, cette fraude représente plus de six millions d’euros de préjudice pour les garagistes. Une cinquantaine d’établissements est touchée et ce chiffre pourrait encore augmenter.




