Sur la question des relations entre le gouvernement français et le régime algérien, Bruno Retailleau n’est clairement pas convaincu par l’inflexion opérée par son successeur au ministère de l’Intérieur, Laurent Nuñez. « La main tendue… Ça fait des années qu’on la tend à l’Algérie, mais avec quels résultats? », s’est interrogé ce jeudi 6 novembre le président du parti Les Républicains, invité de l’émission « En campagne » sur BFMTV.
La semaine dernière, Laurent Nuñez a estimé dans un entretien au Parisien que « ceux qui font croire aux Français que le bras de fer et la méthode brutale sont la seule solution, la seule issue, se trompent ».
Des relations dégradées depuis l’été 2024
Une façon pour le ministre, récemment invité par son homologue à se rendre en Algérie, de se démarquer du bilan de Bruno Retailleau sur ce dossier. Ce dernier continue de prôner une ligne très ferme pour les relations avec le régime du président Abdelmadjid Tebboune.
« À un moment donné, moi je veux bien qu’on aille faire risette à M. Tebboune, ou qu’on aille prendre le thé en Algérie, mais pour quels résultats? » a encore grincé l’ancien locataire de la place Beauvau.
Les relations entre Paris et Alger sont au plus bas depuis l’été 2024 et la reconnaissance par la France d’un plan d’autonomie « sous souveraineté marocaine » pour le Sahara occidental. L’arrestation en novembre 2024 à Alger de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a ensuite contribué à aggraver les tensions.
Alger « s’essuie les pieds » sur la France
Devenu ministre en septembre 2024, Bruno Retailleau souligne que « la crise (l)’a précédé », citant notamment le refus d’Alger que les avions militaires français survolent son espace aérien dans la lutte antiterroriste au Sahel par le passé.
Aux yeux du président de LR, le « régime » algérien « s’isole de plus en plus sur la scène internationale » et se sert de la France comme « bouc émissaire à tous ses échecs ». S’il dit comprendre l' »histoire tumultueuse, orageuse, douloureuse » entre les deux pays, il refuse que cela soit utiliser pour « s’essuyer les pieds sur (s)on pays ».
« Ils nous utilisent et nous, on est faible », regrette Bruno Retailleau. Ce dernier prend pour exemple les accords franco-algériens de 1968 qui « encouragent une immigration de peuplement » et accorde « des privilèges exorbitants aux Algériens », raison pour laquelle il les trouve « totalement déséquilibrés ».
Article original publié sur BFMTV.com











