
C’est l’histoire d’un fiasco fiscal retentissant. Celle d’un impôt qui devait faire rentrer des sommes importantes dans les caisses de l’Etat tout en améliorant la justice fiscale, et devrait finalement rapporter presque cinq fois moins que prévu, comme l’a reconnu, mercredi 21 janvier, le ministère de l’économie et des finances. Un exemple très éloquent de la façon dont les contribuables les plus aisés réussissent à contourner en grande partie les règles communes, et même celles qui les visent directement.
Ce fiasco porte un nom un peu long, « contribution différentielle applicable à certains contribuables titulaires de très hauts revenus », CDHR dans un vocabulaire plus courant. Il s’agit d’un nouvel impôt, imaginé par le gouvernement de Michel Barnier mais qui s’est concrétisé dans le budget 2025 que François Bayrou, alors premier ministre, a fait adopter en février 2025.
A la recherche d’argent frais pour réduire le déficit, et sous pression de la gauche pour « taxer les riches », Bercy a conçu un nouveau mécanisme, visant spécifiquement les très hauts revenus. C’est-à-dire les contribuables déclarant plus de 250 000 euros par an pour un célibataire, et 500 000 euros pour un couple sans enfant. Le dispositif consiste à s’assurer que ces particuliers atteignent bien un seuil minimal d’imposition de 20 % sur leurs revenus déclarés, quelles que soient les niches fiscales dont ils bénéficient. Si ce n’est pas le cas, ils doivent payer la CDHR jusqu’à atteindre ces 20 %.
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