lundi, janvier 19

Il fallait bien que quelqu’un paye la facture. Elle incombera, en bonne partie, aux grandes entreprises. Après avoir annoncé, vendredi 16 janvier, des milliards d’euros de dépenses en plus et d’impôts en moins, notamment pour les particuliers, Sébastien Lecornu a dévoilé, dimanche 18 janvier, le revers du compromis budgétaire en cours de négociation entre la coalition gouvernementale et le Parti socialiste : les impôts à la charge des grandes entreprises vont augmenter nettement par rapport à la version initiale du projet de loi de finances (PLF) pour 2026.

Cette décision rompt provisoirement la politique de l’offre, « pro-entreprises », menée depuis le premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Elle a été néanmoins jugée nécessaire pour maintenir le déficit dans des limites raisonnables et pour obtenir le soutien des socialistes, indispensable pour faire passer le budget 2026 sans censure, après l’échec, en décembre, du processus parlementaire habituel.

Un conseil des ministres se tiendra « lundi dans la journée », a précisé, dimanche sur Franceinfo, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon. Ce conseil sera l’occasion pour Matignon d’annoncer l’outil constitutionnel qu’il privilégie pour sortir de l’impasse budgétaire, une ordonnance ou plus probablement le recours à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution, qui permet une adoption sans vote. « Les annonces du premier ministre permettent d’envisager la non-censure », a d’ores et déjà déclaré le président des députés socialistes, Boris Vallaud, dans un entretien au Parisien, dimanche 18 janvier.

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Sur le fond du budget, l’évolution la plus spectaculaire concerne la surtaxe dite « exceptionnelle » sur les bénéfices des grandes entreprises. Dans le budget de 2025 imaginé par le gouvernement de François Bayrou, elle avait été fixée à 8 milliards d’euros, et ne devait durer qu’une année. Amélie de Montchalin, la ministre du budget, s’était montrée catégorique devant les sénateurs, le 17 juin 2025. « Certains points peuvent être affirmés sans détour : la surtaxe d’impôt sur les sociétés n’existera plus en 2026 », avait-elle promis. Et d’ajouter : « Ce gouvernement n’a nulle intention de recourir à une baguette magique fiscale pour combler des écarts dont la cause est la hausse de la dépense. »

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