mercredi, janvier 21

  • Actuellement, il est interdit pour certains commerces d’ouvrir le 1er mai.
  • Les élus LR veulent mettre fin à cette interdiction et proposent aux députés d’en débattre ce jeudi.
  • Si la mesure est attendue par certains professionnels, elle est décriée par les syndicats.

L’année dernière, leur situation avait ému. Des boulangers en Vendée, en Charente et à Paris avaient regretté des contrôles inopinés suivis d’amendes pour avoir ouvert et fait travailler des salariés le 1er mai. Une infraction à l’article 133-4 du Code du Travail, selon lequel « le 1er mai est jour férié et chômé ». Pour revoir la loi actuelle, les députés du groupe Droite républicaine de Laurent Wauquiez profitent de leur niche parlementaire pour proposer l’examen et le vote d’une proposition de loi du Sénat visant à permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler le 1er mai. Le texte est soutenu par l’exécutif.

Aujourd’hui, la loi précise que des exceptions sont possibles « dans les établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail » comme les boulangeries livrant hôpitaux, établissements pénitentiaires ou Ehpad ou celles qui sont les seules à exercer dans une commune. Mais si un commerce ne répond pas à ces critères, il peut toutefois être ouvert le jour de la fête du travail à condition que le chef d’entreprise ne fasse pas appel à ses salariés et ne compte que sur lui-même ou des membres de sa famille non-salariés. À défaut, l’employeur s’expose à une amende de 750 euros par salarié concerné, 1.500 euros quand celui-ci est mineur. 

La proposition de loi LR prévoit que le travail soit désormais autorisé à « des commerces de bouche de proximité » comme les boulangeries, pâtisseries, primeurs, boucheries, les fleuristes et les établissements culturels (cinémas, théâtres)… Mais « exclut » les entreprises de la grande distribution.

Une possibilité qui divise

Les syndicats jugent qu’il s’agit d’un recul social qui s’attaque à la « seule journée fériée obligatoirement chômée, rémunérée et symbolique pour les travailleurs et travailleuses à l’international ». L’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, Solidaires et FSU) redoute que le « principe (soit) remis en cause, la dérogation s’étend(e) progressivement à toutes et tous », citant en exemple « le travail le dimanche », censé être basé sur le volontariat.

« L’idée ce n’est pas de faire travailler plus de personnes mais de vraiment sécuriser juridiquement ce qui se faisait traditionnellement », assure à l’AFP le rapporteur de la proposition de loi, le député LR (Meurthe-et-Moselle) Thibault Bazin. « Il y a une demande de clarification » des entreprises, insiste le député, citant l’exemple dans sa circonscription de « fleuristes (qui) ont parfois préféré fermer de peur qu’il y ait des inspections qui entraînent des amendes, puis un contentieux qui prenne du temps, de l’argent … avant une relaxe ».

Si on autorise le travail le 1er mai alors tout le monde ouvrira et dans ma rue, qui est très commerçante, ça ne m’apportera rien de plus en termes de chiffre d’affaires

Aly Coulibaly

Certains commerçants sont moins convaincus de l’utilité de la mesure, comme Aly Coulibaly, directeur d’épiceries à Paris : « Si on autorise le travail le 1er mai alors tout le monde ouvrira et dans ma rue, qui est très commerçante, ça ne m’apportera rien de plus en termes de chiffre d’affaires ».

De son côté, le Groupement des hôtelleries et restaurations de France (GHR), l’une des principales organisations patronales du secteur, s’est inquiétée d’une disposition du texte, rendant nécessaire d’obtenir un accord écrit des salariés volontaires pour travailler.  

J.F. avec AFP

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