lundi, janvier 5

  • Incarcéré pendant un an en Algérie, l’écrivain franco-algérien a livré ses premiers mots à France Inter dans un entretien qui sera diffusé ce lundi sur France Inter.
  • L’homme de 81 ans évoque notamment « sa petite routine » auprès de ses nouveaux « amis » qui « ne communiquent pas » sur leur douleur d’être enfermés.
  • « On pleure dans sa cellule le soir tout seul, dans sa tête », dit-il.

Il savoure sa liberté retrouvée avec philosophie. Gracié après un an de prison en Algérie, Boualem Sansal prend pour la première fois la parole depuis son retour en France. Deux entretiens diffusés ce dimanche sur France 2 puis ce lundi sur France Inter. « La prison, on peut s’y habituer. Il ne faut pas croire que c’est si terrible que ça. On s’habitue. On a des amis, on a sa petite routine. La cellule, la cour, l’infirmerie. On a des amis, on discute comme des gamins, on fait du sport », raconte l’écrivain. 

« On est obligé de garder sa souffrance pour soi. Les prisonniers ne communiquent pas sur ça, c’est le silence. On pleure dans sa cellule, le soir, tout seul, dans sa tête », déclare-t-il dans un extrait publié par la radio.

Boualem Sansal avait été arrêté en novembre 2024 à Alger puis placé en détention en vertu d’un article du code pénal algérien réprimant les atteintes à « la sûreté de l’État », d’après la défense du romancier de 81 ans. Quatre mois plus tard, il était condamné à cinq ans de prison pour « atteinte à l’unité nationale ». Une peine confirmée en appel au début du mois de juillet. Il a finalement été gracié grâce à la médiation de l’Allemagne puis remis en liberté.

Son retour en France donne de l’espoir au comité de soutien du journaliste français Christophe Gleizes, condamné fin juin en première instance à sept ans de prison ferme en Algérie, notamment pour « apologie du terrorisme ». Âgé de 36 ans, le collaborateur des magazines So Foot et Society doit être jugé en appel le 3 décembre.

D.D.F. avec AFP

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