- Le mouvement « Bloquons tout », né sur les réseaux sociaux et prévu ce mercredi 10 septembre, est une contestation protéiforme.
- Certains commerçants le soutiennent en appelant leurs clients à ne payer qu’en cash.
- Une équipe de TF1 s’est rendue dans un restaurant de Bouillargues qui fait une remise de 10% pour les paiements en espèces.
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« Bloquons tout » : une journée noire le 10 septembre ?
Dans ce restaurant de Bouillargues (Gard), près de Nîmes, la carte bleue se fait de plus en plus rare ces derniers jours. À la question « Vous allez payer comment ? »
, que leur pose l’équipe de TF1, tous les clients répondent « en cash »
, « en espèces »
, ou « en liquide »
. La raison de cette unanimité ? Les gérants proposent depuis le début du mois une ristourne de 10%, à condition de bouder la carte bancaire. Un moyen revendiqué de participer au mouvement « Bloquons tout », prévu ce mercredi 10 septembre. « On ne voulait pas fermer, donc on s’est dit,
‘on va le faire d’une autre façon’«
, explique Patrick Gimenez, le co-gérant de La Cale à bières.
Pourquoi cibler le paiement par carte ?
À chaque transaction, Patrick verse à sa banque une commission de 0,15% du montant, un prélèvement trop important selon lui. « Sur toutes mes transactions carte bleue et tenue de compte, au niveau de la banque, j’en ai eu pour un peu plus de 6.500 euros à l’année. De l’argent que je pourrais peut-être donner à mes salariés »
, affirme-t-il. En salle, les clients soutiennent la démarche. « On est solidaires, donc on va profiter des 10% de remise sur la note »
, explique l’un d’entre eux. « Ce n’est pas que pour la réduction, c’est aussi pour le principe »
, assure une autre.
La question de l’argent liquide est au cœur du mouvement « Bloquons tout ». Sur les réseaux sociaux, les appels à vider son compte pour assécher les banques se multiplient. « Si tout le monde le retire en même temps, pourquoi pas ? »
, estime un passant à Bouillargues. « Oui, ça serait pas mal »
, renchérit une dame.
Les banques doivent-elles s’inquiéter ? Non, selon cette Catherine Karyotis, professeure de Finance à la Neoma Business School. « Pour mettre à mal les banques ou pour obliger les banques à les puiser dans leurs propres réserves, il faudrait que chaque Français retire environ 6.000 euros sur son compte courant »,
calcule l’experte. Et quand bien même tout le monde retirerait cette somme en même temps, les banques disposent d’un fonds d’urgence, qu’elles alimentent régulièrement pour anticiper tout risque de faillite.












