
Le président national de la Coordination rurale (CR), Bertrand Venteau, qui fait l’objet d’une enquête pour avoir déclaré, lors du congrès de l’organisation en novembre, vouloir « faire la peau aux écolos », est convoqué lundi à 14 h 30 par la gendarmerie de la Haute-Vienne, a-t-on appris auprès du syndicat agricole samedi 24 janvier. La CR 87, qui pointe des propos « largement sortis de leur contexte », appelle de son côté à un « large rassemblement de soutien » lundi à 14 heures devant les locaux de la brigade de recherche de Limoges.
« Lors de son élection à la présidence nationale, Bertrand Venteau a exprimé avec détermination la volonté de défendre les intérêts des paysans face à des politiques qu’il juge déconnectées des réalités du terrain », écrit la CR 87 dans un communiqué. « Dans ce cadre, il dénonçait l’écologie punitive, une approche qui entrave l’activité agricole, fragilise les exploitations et menace l’avenir du monde rural », précise le syndicat agricole.
Le 19 novembre, Bertrand Venteau avait déclaré, sous les applaudissements : « Les écolos, la décroissance veulent nous crever, nous devons leur faire la peau. » L’éleveur nouvellement élu, et président de la chambre d’agriculture de la Haute-Vienne, avait également déclaré : « Il va falloir sortir et combattre les écolos, en les attaquant en justice. Nous devons les combattre (…). Ceux qui veulent notre mort sont partout, nous devons les combattre au quotidien, dans les départements, les régions, jusqu’au ministère. »
Destinataire de nombreuses plaintes d’élus et d’associations écologistes, le parquet d’Auch avait ouvert quelques jours plus tard une enquête du chef de « provocation publique non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit ». La ministre de l’agriculture, Annie Genevard, avait condamné « la violence » de cette déclaration, la jugeant « inacceptable ».
Bertrand Venteau, partisan d’une ligne dure, sur le modèle des actions coups de poing de la Coordination rurale de Lot-et-Garonne, avait assumé sa sortie : « Je ne regrette rien du tout. Si je suis convoqué, j’irai, je n’ai pas de problème avec ça », avait-il dit à la fin de novembre.




