La saison incroyable et tourmentée de l’AS Monaco Basket s’est achevée par un extraordinaire quadruplé en France, conclu par un troisième titre de champion remporté mardi dans la salle du tenant du titre Paris (101-92), avec Mike James en invité surprise.
Victorieuse de la Supercoupe, de la Leaders Cup puis de la Coupe de France, l’ASM est parvenue, lors de son 94e match de la saison, à trouver les ressources pour remporter le 5e et ulitme match de la finale (disputée au meilleur des cinq rencontres), malgré les nombreuses absences et après avoir été menée 2 victoires à 1 dans cette série.
Les Monégasques concluent ainsi en beauté la dernière danse qu’ils s’étaient promis de mener à son terme quand ont surgi début 2026 les graves difficultés financières d’un club ne devant sa survie qu’au secours de l’Etat princier.
Avant de se plonger vers un futur incertain et de voir cet effectif vice-champion d’Europe 2025, champion de France en 2023, 2024 et 2026 s’éparpiller aux quatre coins de l’Europe.
– « Ecrire un livre » –
« Il faut absolument écrire un livre sur cette saison, il aurait fallu une caméra embarquée pour voir tout ce qui s’est passé au quotidien », a lancé Elie Okobo, MVP de la finale, au sujet de cette saison jalonnée de grèves de joueurs, de départs dont celui du coach Vassilis Spanoulis en mars et d’entraînements en effectif très réduit.
« On n’était parfois que six deux jours avant un match. Vous imaginez ça, pour une équipe d’Euroligue ? Comment voulez-vous vous préparer et prévoir le moindre plan de jeu ? », a rappelé Sergii Gladyr, l’un des deux coaches à avoir pris le relais sur le banc.
Les Monégasques sont allés au bout en remportant ce match d’appui à Paris, prenant leur revanche sur la finale de l’an passé grâce à leur sens du collectif (35 passes décisives).
Un cinquième et dernier match étouffant dont il aurait été dommage de priver les spectateurs de l’Arena porte de la Chapelle et les amateurs de basket. Car la tenue de cette rencontre a été un temps en suspens. Du moins avec tous ses meilleurs acteurs, puisque certains joueurs monégasques ont envisagé lundi, selon L’Equipe et Nice-Matin, de refuser de jouer en cas de suspension de leurs coéquipiers Matthew Strazel et/ou Alpha Diallo.
Seul le premier a été privé du bouquet final – assis derrière le banc monégasque – pour avoir traité de « tricheur » l’arbitre Mehdi Difallah lors du match 3, vendredi. Une absence cruciale s’ajoutant à celles de Daniel Theis et Nikola Mirotic, alors que Kevarrius Hayes n’a lui pu jouer que 50 secondes.
Le boycott n’a pas eu lieu et à la place, le public a assisté à une belle histoire, le retour inattendu de Mike James, qui refusait depuis le début des play-offs de porter le maillot de la « Roca Team » pour protester contre des impayés.
– 27 points pour Blossomgame –
Le meneur américain, meilleur marqueur de l’histoire de l’Euroligue, a enfilé au dernier moment le maillot de Strazel, dont le nom était masqué par un bandeau blanc, pour participer à cette dernière danse avec ses équipiers.
Après avoir publié, le 11 juin, un message en guise d’adieux et de remerciement pour ces cinq années passées au pied du Rocher.
James, à court de forme après plus d’un mois et demi sans jouer à 35 ans, n’a tenté son premier tir, trop court, qu’en toute fin de troisième quart-temps. Mais il a fini par légèrement monter en température (7 pts et 7 passes décisives): son tir primé en début de quatrième quart-temps, son seul panier dans le jeu, a participé au 12-0 qui a replacé son équipe devant (85-81) à un peu plus de huit minutes du buzzer.
« Sa présence a donné des ailes à l’équipe, lui a permis de croire en la victoire. Nous avons été très chanceaux de l’avoir », a estimé Gladyr.
Paris, avec un Nadir Hifi transparent (11 pts à 1/7 à 3 pts et 7 balles perdues), n’a jamais pu revenir et a dit adieu à ses rêves de doublé à une minute de la fin (96-90) sur deux paniers des meilleurs marqueurs monégasques du soir: un tir primé de Juhann Begarin (18 pts et 9 rebonds), ministre inattendu de l’intérieur, puis un alley-oop d’Elie Okobo (15 passes décisives) pour Jaron Blossomgame (27 pts).
nk/bm/hpa




