lundi, janvier 19

Donald Trump devra se contenter d’une fin de non-recevoir, du moins pour l’instant. La France a annoncé ce lundi 19 janvier qu’elle n’entendait « pas donner de suite favorable » à ce stade à la proposition du président américain de rejoindre son « Conseil de paix », une instance initialement présentée comme un appui au plan américain visant à mettre fin à la guerre à Gaza.

Problème : ce projet a depuis pris une dimension bien plus large, au point de ressembler à une structure concurrente des Nations Unies. « Cette proposition soulève des questions majeures, en particulier quant au respect des principes et de la structure des Nations Unies, qui ne sauraient en aucun cas être remis en cause », a souligné l’entourage d’Emmanuel Macron auprès de l’AFP.

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Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a précisé la position française : « Les États-Unis ont proposé samedi dernier à près de 60 pays d’adhérer à une nouvelle charte, celle du Conseil de paix. Tel qu’il est présenté, ce conseil aurait pour responsabilité principale la paix et la sécurité du monde, à Gaza comme ailleurs, sous l’autorité d’un président investi de pouvoirs très étendus. On est loin, très loin de la Charte des Nations Unies. »

La France « se doit de dire non puisque en l’état, la charte de ce “Board of Peace” dépasse le cadre de Gaza et donc du plan de paix qui avait été endossé par les Nations unies », justifié Jean-Noël Barrot. « Et parce que la Charte, dans sa rédaction actuelle, est en réalité incompatible avec les engagements internationaux de la France et en particulier son adhésion aux Nations unies, qui ne saurait en aucun cas évidemment être remise en cause », a-t-il ajouté.

Le Quai d’Orsay avait rappelé quelques heures auparavant l’attachement de la France à la Charte des Nations Unies. « Celle-ci demeure la clé de voûte d’un multilatéralisme efficace, où le droit international, l’égalité souveraine des États et le règlement pacifique des différends priment sur l’arbitraire, les rapports de force et la guerre », avait souligné le ministère dans un communiqué.

Un Conseil de paix doté de pouvoirs très étendus

Washington ne semble pas du même avis. La charte du Conseil de Paix critique ouvertement les « approches et institutions qui ont trop souvent échoué », et appelle à avoir « le courage » de s’en « écarter ». Une tournure qui fait ouvertement référence aux Nations Unies, maintes et maintes fois critiqués par Donald Trump.

Le président américain semble désormais vouloir proposer sa propre alternative. Selon sa charte, le Conseil de paix ne se limiterait pas au conflit israélo-palestinien : il aurait pour mission de « promouvoir la stabilité », de « rétablir une gouvernance fiable et légitime » et de « garantir une paix durable » dans toutes les régions touchées ou menacées par des conflits.

Donald Trump en serait le « premier président » et aurait des pouvoirs très étendus : il serait seul habilité à inviter ou révoquer des États membres, pourrait se désigner lui-même un successeur et disposerait d’un droit de veto sur toute décision prise à la majorité, tout en contrôlant l’agenda du Conseil. De quoi inquiéter la France.

« Très lourdes conséquences »

Jean-Noël Barrot a mis en garde contre les conséquences géopolitiques d’un tel projet : « Tout semble se passer comme si un choc majeur entre la Chine et les États-Unis devenait désormais inéluctable, avec des conséquences très lourdes pour le reste du monde. Au mieux, le monde pourrait glisser dans un partage en sphères d’influence ; au pire, la rivalité pourrait basculer dans une confrontation ouverte entre deux puissances membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies. »

Plusieurs pays ont confirmé avoir reçu une invitation à rejoindre le Conseil de paix, parmi lesquels l’Allemagne, le Canada, l’Italie ou le Brésil. Moscou a également indiqué que Vladimir Poutine avait été convié et souhaitait « clarifier toutes les nuances » avant de se prononcer.

L’administration Trump a précisé que pour obtenir un siège permanent, chaque État membre devra verser un milliard de dollars en espèces, un mécanisme qui rebute plusieurs invités. « Le Canada ne va pas payer pour un siège au Conseil », a ainsi réagi une source au sein du gouvernement canadien auprès de l’AFP.

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