lundi, juillet 6

C’est un coup de tonnerre dans un dossier qui conservait jusqu’ici une immense part de mystère. Après avoir clamé son innocence pendant cinq ans et demi, Cédric Jubillar a reconnu dans une lettre adressée à ses avocats avoir tué son épouse Delphine, dans la nuit du 15 au 20 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines dans le Tarn.

En octobre dernier, le peintre-plaquiste de 39 ans avait été condamné à une peine de 30 ans de réclusion et fait appel de ce verdict. Il était prévu qu’il soit rejugé à compter du 21 septembre prochain. Lors d’une conférence de presse organisée à leur cabinet, ses avocats Mes Pierre Debuisson et Guy Debuisson ont livré des détails sur ce rebondissement.

• « Il m’a dit c’est moi »

Précédemment défendu par Mes Emmanuelle Franck et Alexandre Martin, Cédric Jubillar a changé d’avocats en début d’année. Pour l’accompagner jusqu’au procès en appel, le peintre-plaquiste a choisi l’avocat toulousain Me Pierre Debuisson, bientôt rejoint par son père Me Guy Debuisson. D’après les deux avocats, c’est grâce au lien de confiance qu’ils ont noué avec le détenu que ce dernier a fini par reconnaître son implication dans la mort de Delphine Jubillar, mettant fin à des années de dénégations.

« Cédric Jubillar, je l’ai rencontré il y a environ six mois, je suis allé le voir presque chaque semaine à la maison d’arrêt », décrit Me Pierre Debuisson, qui dit avoir alors fait la connaissance d’un détenu « fragilisé par l’isolement carcéral et par les médicaments très lourds qui lui sont administrés ».

« Je lui ai demandé d’arrêter de prendre ces médicaments, j’ai appris à le connaître, tissé une relation de confiance », poursuit l’avocat. « Assez rapidement, j’ai ressenti qu’il avait le besoin de parler. Il était verrouillé quelque part, sûrement à cause de la pression médiatique, de la pression très forte des enquêteurs. Il a été condamné, incarcéré, à l’isolement pendant cinq ans, c’était très difficile pour lui de parler. Mais depuis le début, il avait besoin et envie de parler. (…) Il y a eu cette relation de confiance, et puis un jour il m’a dit ‘écoutez, c’est moi qui suis à l’origine de la disparition de ma femme’. »

« Il était dans le déni, on a fait sauter le bouchon du déni », complète son père, Me Guy Debuisson.

• Le corps de Delphine « déplacé »

Les deux avocats ont également donné quelques précisions sur le contexte du décès de Delphine Jubillar. Selon eux, celui-ci est advenu alors que leur relation de couple se dégradait depuis plusieurs mois. C’est une « énième dispute » qui a dégénéré et qui a conduit à la mort de Delphine Jubillar.

« Tétanisé, quand il a réalisé ce qu’il avait fait, il a pensé à ses enfants, il n’a pas voulu leur imposer cette vision », explique Me Pierre Debuisson. Son client a alors décidé de « déplacer le corps de Delphine avec le véhicule ». S’il a indiqué à ses avocats quelques éléments sur l’emplacement du corps de son épouse, « il réserve tous les détails à la justice. »

Mes Pierre et Guy Debuisson indiquent cependant que leur client reconnaît seulement avoir provoqué le décès de son épouse, et repoussent pour l’heure d’employer le terme de « meurtre ».

• Des failles dans l’enquête

Pierre et Guy Debuisson ont critiqué une « enquête bâclée » et estiment que si les enquêteurs avaient « fait sérieusement leur travail », le corps de Delphine Jubillar aurait été rapidement retrouvé après sa disparition en 2020.

« Comment deux avocats réussissent en quelques semaines à le faire avouer? », lance également Me Guy Debuisson,

Pour les deux conseils de Cédric Jubillar, il serait « grotesque » de maintenir l’ouverture du procès en appel au 21 septembre. « Tout est à reprendre », commence Me Guy Debuisson. « Il faut qu’il soit entendu, il faut que des analyses soient faites sur le corps de Delphine, si on le retrouve, il faut qu’il arrête de prendre des médicaments… », complète son fils.

Article original publié sur BFMTV.com

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