
Comment rendre compte, sur le plateau d’un théâtre, de tout ce qui se passe dans l’esprit d’un sportif de haut niveau, des souffrances physiques endurées, des conséquences sur le mental ? C’est ce sillon qu’explore, depuis 2015, le Morbus Théâtre, compagnie créée en 2001 par le metteur en scène et comédien Guillaume Lecamus, avec des spectacles comme 54 × 13 (2016), sur le cyclisme, Vestiaire (2021), une forme courte autour de l’athlétisme, et 2 h 32 (2022), inspiré de l’histoire vraie de la coureuse d’origine éthiopienne Zenash Gezmu (1990-2017).
Avec sa nouvelle création, Sillages, le Morbus Théâtre poursuit l’exploration du dépassement de soi à l’œuvre dans les sports de l’extrême. Le point de départ en est, une fois encore, un fait réel : en 2006, la grimpeuse américaine Steph Davis a perdu une bonne partie de ses sponsors en raison d’une polémique autour de son ex-mari Dean Potter (1972-2015), qui a escaladé un site naturel protégé et interdit au public, la Delicate Arch, dans l’Utah. L’imaginant exaspérée par cette décision, la compagnie de Guillaume Lecamus plonge dans la tête de l’alpiniste casse-cou, qui se lance, par dépit, dans l’ascension en solo, à mains nues et sans système d’assurage, d’une falaise périlleuse dans les Hautes-Alpes.
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