“Ça va barder !” s’exclamait l’éditorial de la version papier du quotidien sénégalais L’Observateur en date du 8 septembre. Barrant la une, cette mention : “Réaménagement du gouvernement, [le Premier ministre Ousmane] Sonko tient les verrous du pouvoir.”
Ce 6 septembre, trois ministres, de l’Intérieur, de la Justice, du Tourisme et de l’Artisanat, “ont été démis de leurs fonctions sans être réaffectés”, indique la chaîne publique RTS [Radio télévision sénégalaise].
La recomposition du nouvel exécutif, qualifiée par Ousmane Sonko de “gouvernement de combat”, voit Yacine Fall, fidèle partisane des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef, parti au pouvoir), passer du ministère des Affaires étrangères à celui de la Justice.
Quant au nouveau chef de la diplomatie, Cheikh Niang, c’est “un visage familier des couloirs des Nations unies”, indique le journal économique sénégalais Lejecos. Un “diplomate chevronné” qui doit “sécuriser [les] relations régionales [du Sénégal], avec un Sahel en feu et une Cedeao fragilisée, valoriser sa diaspora, négocier de nouveaux partenariats économiques”, poursuit ce média.
À l’Intérieur, un autre fidèle d’Ousmane Sonko, l’avocat Mouhamadou Bamba Cissé. “Il était au cœur de la bataille contre les déboires judiciaires des dignitaires du régime actuel […] à la suite des manifestations politiques de 2021 à 2024, en tant que conseil et membre du pool d’avocats commis pour défendre Ousmane Sonko et ses frères de parti”, résume Sud Quotidien.
En juin, la confirmation de la condamnation d’Ousmane Sonko dans une affaire de diffamation par la Cour suprême a “cristallisé les frustrations” au sein du Pastef, rappelle L’Observateur. Dans l’entourage du Premier ministre, beaucoup ont prêté à l’ancien ministre Ousmane Diagne, magistrat, “une résistance passive, voire une hostilité déguisée”. Autant dire qu’il était sur la touche.
“Qu’on me laisse gouverner !”
De nombreux titres rappellent le quasi “cri de guerre” d’Ousmane Sonko lors d’un meeting de son parti, le 1er juillet, au cours duquel il avait critiqué la justice, la société civile, la presse et même le “problème d’autorité” au sommet de l’État : “Qu’on me laisse gouverner !”
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