Alors que la « diplomatie des pandas » a connu un nouvel épisode médiatisé à l’occasion de la visite du président Macron en Chine au début du mois de décembre 2025, c’est sur un tout autre terrain que la stratégie d’influence géopolitique chinoise s’est imposée à tous ces derniers mois : celui des terres rares.
Néodyme, samarium et dysprosium… Les terres rares représentent un groupe de 17 éléments issus du tableau de Mendeleïev dont le marché mondial ne dépasse pas les 10 milliards de dollars [8,50 milliards d’euros] mais qui sont devenues irremplaçables dans toutes les industries de pointe – solaire, éolien, laser, batterie, aimant, nucléaire, médical – et par là même décisives dans la course à la transition écologique et aux énergies propres.
Si, en réalité, ces éléments ne sont pas rares dans la croûte terrestre, l’extraction puis le raffinage par séparation de ces différentes terres rares sont des opérations complexes et coûteuses qui impactent lourdement les écosystèmes et causent de nombreux conflits sociaux et environnementaux à travers le monde, comme le dénoncent plusieurs ONG.
La Chine domine aujourd’hui largement le marché des terres rares, avec 68 % de la production en 2024, loin devant les Etats-Unis (11 %) et la Birmanie (8 %), d’après l’Institut d’études géologiques américain. La Chine concentre en outre 48 % des réserves mondiales de terres rares, devant le Brésil (23 %) et l’Inde (8 %). Mais la domination s’apparente à un quasi-monopole concernant les capacités de raffinage, avec plus de 90 % pour la Chine. En somme, presque toutes les terres rares extraites dans le monde doivent faire escale par le pays de Xi Jinping avant de servir dans l’industrie.
On comprend mieux pourquoi le sujet est au menu de tous les grands événements de cette fin d’année. Au G20 de Johannesburg (Afrique du Sud), en novembre 2025, la déclaration commune appelait à la paix dans le monde… et à l’approvisionnement en minerais critiques pour tous.
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