samedi, janvier 24

Il aura fallu rouler sur des chemins caillouteux et se frayer un passage dans le lit d’une maigre rivière de la région montagneuse et reculée de Paktia, dans le sud-est de l’Afghanistan, pour atteindre le petit centre de santé de Shanak, tenu par l’ONG française Première urgence internationale. Un vieux panneau rouillé marque l’entrée du lieu-dit. Au cœur de ces lieux déserts, la structure où se présentent des femmes venues à pied – elles ont parfois marché pendant des heures pour pouvoir bénéficier de soins – tranche.

Situé dans cette zone historiquement conservatrice et majoritairement talibane, le centre de Shanak est financé par l’aide internationale. Les diverses soignantes qui y officient (infirmière en nutrition, sage-femme…) confient travailler sans pression particulière de la part des autorités.

Dans les cliniques, les patientes peuvent venir sans leur mahram (« accompagnateur masculin »), à raison d’un périmètre de 72 kilomètres maximum hors de chez elles. Dans certaines des cliniques, les médecins sont des hommes, au grand regret des patientes, confiant être plus à l’aise pour parler de certains de leurs problèmes avec une femme. Sous le régime taliban, les filles sont privées d’accès à l’école à partir de leurs 12 ans. Si certaines formations privées existent toujours, pour devenir infirmière ou sage-femme, l’interdiction d’accéder à l’université pour étudier la médecine empêche la formation de nouvelles médecins.

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