samedi, août 22

Avec plus de 8.000 personnes attendues pendant le weekend, La France insoumise n’avait jamais organisé d’universités d’été aussi importantes. Une ferveur militante qui, combinée aux bons sondages de Jean-Luc Mélenchon, pousse les sympathisants LFI à croire à la victoire en 2027.

« En 2017 et 2022 on avait de l’espoir. Mais là, clairement, on sent une autre dynamique. On y croit », explique à l’AFP Fabrice, 59 ans, qui n’a pas souhaité, comme les autres militants interrogés, donner son nom de famille.

Maillot de foot « Mélenchon 27 » sur le dos, pin’s aux couleurs du mouvement de gauche radicale et de la Palestine sur la sacoche, ce masseur est venu de Chambéry pour quatre jours de conférences politiques, dans un cadre bucolique autour d’un lac dans la Drôme.

A huit mois de la présidentielle, l’afflux de militants insoumis à leurs universités d’été, les Amfis, est inédit. 

Vendredi matin, il fallait ainsi compter sur 01H30 de bouchons pour arriver sur le site, obligeant l’organisation à trouver de nouveaux parkings et les députés Aurélien Le Coq et Bastien Lachaud à faire la circulation sur la départementale voisine. 

« C’est la super dynamique que l’on voit depuis Saint-Denis (le premier meeting de campagne de Jean-Luc Mélenchon en juin pour lequel LFI revendique 26.000 spectateurs, NDLR) qui continue ici », s’enthousiasme François, un enseignant de 26 ans habitant Villeneuve-d’Ascq (Nord).

« On la voit dans les sondages », qui donnent Jean-Luc Mélenchon largement en tête à gauche avec environ 15% des intentions de vote, ajoute-t-il.

La question posée aux Insoumis est simple: si leur champion dispose d’un socle électoral important, comment peut-il convaincre au-delà de sa base pour devenir majoritaire, alors qu’il reste une figure repoussoir pour une grande partie du pays ?

« Quand le programme va être dévoilé, les gens vont se rendre compte que l’image de La France insoumise qu’ils se font n’est pas la bonne et qu’elle a été diabolisée », assure François.

« On voit d’autres personnalités politiques, des chercheurs ou des artistes se rallier à la candidature de Jean-Luc Mélenchon », complète Céline, orthophoniste de 43 ans venue de Cherbourg.

– Barrage républicain en faveur de Mélenchon ? –

La plupart des sympathisants insoumis croient fermement que leur candidat affrontera le Rassemblement national au second tour, comme il le prédit depuis 15 ans, et bénéficiera lui aussi d’un barrage républicain face à l’extrême droite. Et ce même si les sondages le donnent facilement battu par Marine Le Pen en cas de duel entre les deux.

« Certaines personnes ont peur des deux partis mais, à force de pédagogie, ils prendront conscience que l’extrême droite est trop dangereuse et voteront pour un parti humaniste », prophétise Céline.

Jean-Pierre, retraité de 78 ans du Pas-de-Calais, lui aussi vêtu d’un maillot « Mélenchon 27 » et d’une casquette rouge siglée du logo « Phi » de LFI, partage le même avis.

« Le RN a beaucoup progressé mais, là, ils ont atteint leurs limites. Les problèmes judiciaires de Marine Le Pen c’est un vrai plafond de verre », dit-il. 

François, lui, pense que les macronistes revendiquant de ne pas choisir entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, si les deux s’affrontaient au second tour, sont dans une « posture ».

« Leurs électeurs voteront pour Mélenchon, même si les cadres politiques ne le feront pas forcément » prédit-il. 

Tous les sympathisants insoumis, qui ont fait de « On va gagner » leur chant du weekend, croient en tout cas que leur nombre en cette fin d’été est un bon présage pour le reste de la campagne.

Et ce n’est pas le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, qui va les contredire.

« J’ai fait des recherches: ce sont les plus grosses universités d’été jamais organisées par un parti politique. Le précédent record, c’était celles du PS à La Rochelle en 2011. Et ils avaient gagné la présidentielle l’année d’après », a-t-il glissé dans un sourire à des journalistes.

leo/jmt/gvy

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