mardi, mars 3
Deux policiers passent devant l’usine de production d’enrobés bitumineux à chaud dans le cadre de la construction de l’autoroute A69, à Puylaurens, dans le sud-ouest de la France, le 22 novembre 2025.

L’Etat français a dédommagé le concessionnaire de la future autoroute A69 à hauteur de 79 millions d’euros après la longue interruption du chantier en 2025, a-t-on appris mardi 3 mars auprès du ministère des transports.

Les travaux de ce nouvel axe Toulouse-Castres avaient été interrompus le 27 février 2025 par un jugement du tribunal administratif de Toulouse qui avait annulé l’autorisation environnementale accordée à ce projet. Un chantier qui fait l’objet, depuis le début du chantier, d’une vive contestation de la part des associations de défense de l’environnement.

Le chantier a ensuite été autorisé à reprendre fin mai, à la suite d’une première décision provisoire de la cour administrative d’appel de Toulouse qui a finalement validé au fond le 30 décembre l’autorisation environnementale. Le Conseil d’Etat est désormais saisi du dossier.

Lire le décryptage (2023) : Le projet d’autoroute A69 entre Toulouse et Castres est-il justifié ? 6 questions pour comprendre le débat

L’interruption survenue entre février et mai a « bouleversé l’équilibre économique du contrat » passé entre l’Etat et le concessionnaire Atosca, a expliqué une source ministérielle, confirmant le versement d’une indemnisation à Atosca, révélé par le média d’investigation Mediacités.

Une « autoroute sur fonds publics »

Ce bouleversement a rendu nécessaire une négociation au terme de laquelle un dédommagement a été arrêté, autour de 79 millions d’euros, selon la même source, un montant « quasiment divisé par deux par rapport aux demandes initiales » d’Atosca, a-t-elle précisé.

Dans un communiqué à l’Agence France-Presse (AFP), le concessionnaire a simplement fait savoir qu’« une médiation a été menée par deux tiers indépendants entre l’Etat et Atosca afin de définir les conditions d’une reprise des travaux ». « Cela permet de venir prendre en charge les surcoûts qui s’imposent à l’entreprise, au concessionnaire, et n’étaient pas prévus dans le contrat initial, à cause de l’arrêt du chantier », a détaillé la source ministérielle.

Le ministère des transports, qui « déplore » cette situation, note qu’elle « est le résultat des recours judiciaires qu’il y a eu contre ce chantier qui était déjà très engagé » et d’une « quasi-obstruction judiciaire par les opposants ». Ces quelque 80 millions de « surcoût » viennent « renchérir » le budget total, qui était estimé entre 400 et 500 millions d’euros, a ajouté le ministère.

« L’Etat est un larbin servile qui se couche devant NGE-Atosca et les forceurs de l’A69 », a fustigé le collectif d’opposants La voie est libre, dénonçant un « système organisé pour offrir à un groupe privé son autoroute sur fonds publics ». « Le chantier est pleinement mobilisé, avec une livraison prévue au second semestre 2026 », a de son côté souligné Atosca dans son communiqué.

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Le Monde avec AFP

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