L’engagement syndical a coloré l’enfance de Morgane Lahlou-Manière. Suivre sa mère en manif, l’aider à tracter ou l’accompagner après l’école aux réunions à la mairie de Dole (Jura) faisaient partie de son quotidien. Elle se souvient des dessins « On ne touche pas à l’hôpital » qu’elle préparait à 13 ans pour habiller la voiture en tête de cortège, des pancartes qu’elle aimait tenir, des discussions autour de barbecues pendant les AG, du muguet qu’elle ramassait la veille du 1er-Mai pour la manif du lendemain, ou de ces repas de famille au cours desquels les questions politiques étaient naturellement « mises sur la table ». Mais aujourd’hui, encartée à la Confédération générale du travail (CGT), elle se retrouve à 25 ans confrontée à la question de revendiquer ou non son militantisme sur son lieu de travail.
Pourtant, depuis trois générations, le syndicalisme est une évidence dans la famille Manière. Chez Raphaëlle, la mère de Morgane, « c’est venu culturellement », résultant en partie des souvenirs familiaux autour de ses grands-parents résistants. Dès le milieu des années 1980, elle milite au lycée auprès de la Jeunesse communiste, suivant les traces de ses parents, également encartés au Parti communiste français (PCF).
Auprès de ses parents impliqués politiquement et syndicalement, Raphaëlle, 54 ans, se souvient de « moments de militantisme très joyeux » incarnés par les « grosses manifestations » à Paris organisées par le Mouvement pour la paix, la « vente de L’Huma » le dimanche matin devant la boulangerie et les réunions où elle accompagnait sa mère, trésorière de la section du PCF, récolter les timbres des cotisations.
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