samedi, février 7

  • La gouvernance de Donald Trump commence à sérieusement peser sur l’image du pays, à en croire les chiffres du tourisme.
  • Le secteur est en baisse très nette, avec moins 6 % en 2025, une première depuis la pandémie de Covid-19.
  • Les plus rancuniers sont les Canadiens, mais les Français sont aussi très nombreux à bouder leur cousin d’Amérique.

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La police de l’immigration de Donald Trump de plus en plus contestée

Des dizaines de tentatives sans succès. « Personne ne veut de mes photos », se lamente Victor Maai dans le reportage du 20H ci-dessus. Sur la célèbre place de Times Square, en plein cœur de New York, peu de touristes s’arrêtent devant l’objectif de ce photographe de rue. « Hier, je n’ai eu que 4 clients », raconte-t-il, « il y a 3 ans, c’était super, on pouvait se faire 300 dollars par jour. Aujourd’hui, le max, c’est 60, 70 »

Même désarroi à quelques mètres de là, chez les vendeurs de hot dogs. « L’année dernière, je faisais 15% de chiffre d’affaires en plus », témoigne Lefteris Amasiadis au micro de TF1, « chaque année, on espère que ça va remonter, mais c’est pire ». Aux États-Unis, le nombre de touristes a chuté de 6% l’année dernière sur l’ensemble du pays. Une première depuis la pandémie de Covid-19. 

« Je comprends que cela fasse cher »

Pour les hôteliers, c’est 11 millions de réservations en moins. Une dégringolade historique, d’abord expliquée par la flambée des prix aux États-Unis, de 30% en 2 ans. Une inflation que Donald Trump ne parvient pas à faire retomber, en dépit de ses promesses électorales, et qui pèse autant sur les Américains que sur les touristes. 

À Central Park, une petite demi-heure de balade dans la calèche de Christina Hansen et son fidèle cheval Oreo coûte l’équivalent de 60 euros, soit 10 de plus qu’il y a 3 ans. « Je comprends que cela fasse cher. Mais ça couvre juste mes frais et ceux d’Oreo », justifie la caléchière. 

Et depuis 6 mois, la facture grimpe, avant même de mettre un pied sur le territoire américain. L’Esta, l’autorisation de voyage électronique obligatoire, coûte désormais 40 dollars, soit 2 fois plus cher qu’avant. Une mesure imposée par Donald Trump. « On veut de la sécurité, on veut être sûr qu’on ne laisse pas rentrer les mauvaises personnes dans notre pays », martelait-il en décembre dernier, pour justifier une approche toujours plus radicale dans sa politique migratoire. 

« Imaginez : si vous voulez venir ici, aux États-Unis, vous devez d’abord fournir l’historique sur 5 ans de tous vos réseaux sociaux, Facebook, Instagram, LinkedIn, c’est ce que veut mettre en place l’administration Trump », rapporte la correspondante de TF1, Justine Jankowski. « J’entends plein d’amis qui me disent qu’ils n’ont plus envie de donner le moindre centime au ‘régime’ américain », confirme un Français croisé à Manhattan. Première nation à boycotter les États-Unis, les Canadiens, outrés par les prétentions territoriales du président américain sur leur pays. Mais les Français, eux aussi, boudent le pays, avec moins 7% de fréquentation en 2025. 

À Washington, la capitale, une guide française nous confirme ce désamour. « Il est bien vide ce parvis du Capitole », constate Catherine, qui craint un avenir encore plus sombre. « Aucune réservation en février, aucune en mars », soupire-t-elle, « c’est pas bien parti. On a le Groenland, on a, à Minneapolis deux Américains blancs qui se font tirer dessus par des agents fédéraux. C’est pas encourageant. Moi je comprends les gens qui se disent, on va attendre que ça se calme ». À cinq mois du mondial de football organisé aux États-Unis, le secteur du tourisme n’a qu’une crainte : que Donald Trump ait signé la fin du rêve américain dans l’imaginaire des étrangers.

La rédaction de TF1info | Reportage : Justine JANKOWSKI, Armelle EXPOSITO

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