mercredi, février 18
Le chef des séparatistes du sud du Yémen, Aidroos Al-Zubaïdi, à New-York, le 22 septembre 2023.

Le chef des séparatistes du sud du Yémen, Aidroos Al-Zubaïdi, a été chassé du conseil présidentiel pour « haute trahison » et a été déclaré en fuite mercredi 7 janvier, jour où il devait participer à Riyad à une conférence censée ramener la paix entre les différentes factions à la tête du pays.

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Dans le même temps, la coalition menée par l’Arabie saoudite a annoncé avoir mené des « frappes préventives limitées » contre les séparatistes pour les empêcher selon elle d’« étendre le conflit ». Dans un communiqué, cette coalition a également fait savoir que M. Al-Zubaïdi avait « fui vers un lieu inconnu » et n’était pas monté dans l’avion qui devait le conduire en Arabie saoudite pour les pourparlers de paix.

Aidroos Al-Zubaïdi dirige le Conseil de transition du Sud (STC), qui aspire à recréer un Etat dans le sud du Yémen, où une république était indépendante entre 1967 et 1990. Début décembre, ses forces se sont emparées de vastes territoires. Mais les factions proches de Riyad, appuyées par des frappes saoudiennes, ont riposté, reprenant début janvier le terrain perdu.

« Un lieu inconnu »

L’Arabie saoudite avait invité dans la foulée les deux camps à un « dialogue » dans la capitale saoudienne, mercredi, pour mettre fin à ces affrontements. Le STC avait confirmé sa participation à cette conférence.

Mais vers minuit (22 heures à Paris), la coalition a « reçu des informations selon lesquelles Aidroos Al-Zubaïdi avait déplacé une importante force, comprenant des blindés, des véhicules de combat, des armes lourdes et légères et des munitions » vers la province d’Al-Dhale, son fief, dans le sud-ouest du Yémen, selon le communiqué.

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La délégation séparatiste a décollé vers Riyad, mais sans M. Al-Zubaïdi « qui a fui vers un lieu inconnu, laissant les membres et dirigeants du STC sans la moindre information sur ce qu’il était devenu après avoir distribué des armes et des munitions (…), dans le but de provoquer des troubles à Aden dans les heures à venir », a ajouté la coalition, mentionnant la capitale provisoire du gouvernement yéménite.

La coalition a dit avoir repéré les forces séparatistes dans la province d’Al-Dhale et, à 4 heures (2 heures à Paris), avoir « mené des frappes préventives limitées pour neutraliser ces forces et faire échec à l’objectif d’Aidroos Al-Zubaïdi de provoquer une escalade du conflit et de l’étendre dans le gouvernorat d’Al-Dhale ».

Quinze frappes saoudiennes

Un responsable de cette province a par la suite dit à l’Agence France-Presse avoir dénombré plus de 15 frappes saoudiennes. Peu de temps plus tard, le chef du conseil présidentiel a annoncé la révocation de cet organisme de M. Al-Zubaïdi pour « haute trahison ». Il a également ordonné son défèrement devant le procureur général pour avoir « constitué une bande armée », commis des meurtres de militaires et de civils et violé la Constitution.

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Le Yémen est ravagé par la guerre depuis que les rebelles houthistes, soutenus par l’Iran, se sont emparés en 2014 de la capitale, Sanaa, puis de larges pans du pays. Le conflit s’est internationalisé un an plus tard, quand l’Arabie saoudite a pris la tête d’une coalition internationale pour soutenir le gouvernement yéménite face aux houthistes.

Des rivalités internes au sein du camp opposé aux houthistes ont déclenché un nouveau conflit en 2018, opposant les séparatistes du Sud, regroupés au sein du STC, aux forces du gouvernement, respectivement soutenus par les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite, autrefois réunis au sein de la même coalition.

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Le Monde avec AFP

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