vendredi, janvier 30
Le président de l’Assemblée nationale du Venezuela, Jorge Rodriguez, tient un exemplaire du projet de loi de réforme sur les hydrocarbures, à l’Assemblée nationale, à Caracas, le 29 janvier 2026.

L’Assemblée nationale du Venezuela a approuvé, jeudi 29 janvier, sous la pression des Etats-Unis, une réforme de sa loi sur les hydrocarbures qui doit ouvrir le secteur au privé et réduire les impôts, permettant la signature de contrats plus avantageux pour les entreprises. Cette réforme, qui va ouvrir la porte à l’investissement étranger, survient moins d’un mois après la spectaculaire intervention militaire américaine qui a conduit à la capture du président Nicolas Maduro, le 3 janvier.

« Adoptée à l’unanimité, en conséquence, la réforme de la loi organique des hydrocarbures est ainsi promulguée pour l’histoire, pour l’avenir, pour nos filles et nos fils », a lancé le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodriguez, frère de Delcy Rodriguez, la présidente par intérim qui a succédé à M. Maduro. « Je félicite les travailleurs du secteur pétrolier qui vont mettre en œuvre les éléments les plus importants de cette réforme de la loi. (…) Nous devons construire ensemble, indépendamment de la manière dont nous concevons la prospérité de notre République », a-t-il conclu.

La réforme bouleverse complètement le modèle pétrolier hérité de feu le président Hugo Chavez (1999-2013), d’inspiration socialiste. L’exploitation pétrolière était jusqu’ici l’apanage de l’Etat ou d’entreprises mixtes dont l’Etat détenait la majorité. La réforme de la loi par le gouvernement de M. Chavez en 2006 a limité l’activité des acteurs privés, imposant une participation majoritaire du public dans toutes les entreprises, fixant des impôts élevés et confiant la distribution à l’Etat.

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Embargo imposé par Washington en 2019

La nouvelle version de la loi autorise la signature de contrats permettant aux entreprises privées d’exploiter, de distribuer et de commercialiser la production sans participation de l’Etat. Elle doit aussi rendre l’exploration concurentielle, qui était jusqu’à maintenant réservée à ce dernier.

Les différents impôts vont être remplacés par une contribution unique maximale de 15 % ainsi que des redevances maximales (royalties) de 30 % des revenus bruts. Jadis baptisé « Venezuela saoudite » du temps où il était un acteur important du marché mondial, le pays, qui dispose des plus grandes réserves de pétrole de la planète, produit selon les autorités quelque 1,2 million de barils par jour.

Des années de mauvaise gestion et de corruption ont fait passer la production d’un pic de plus de 3 millions de barils par jour au début des années 2000 à un plus bas historique de 350 000 barils par jour en 2020. Le pétrole du Venezuela fait par ailleurs toujours l’objet d’un embargo, imposé par Washington en 2019, lors du premier mandat de Donald Trump.

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Le Monde avec AFP

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