mardi, janvier 13
Le Musée national du Soudan, à Khartoum, en avril 2025.

Après de longs mois d’enquêtes, plus de 570 antiquités précieuses volées pendant la guerre au Musée national du Soudan, à Khartoum, ont été retrouvées, ont annoncé mardi 13 janvier les autorités soudanaises, lors d’une cérémonie officielle à Port Soudan.

Ces artefacts datant de l’époque préhistorique jusqu’à la période islamique, statuettes funéraires, vases ornementés, vaisselle en bronze, pierres gravées ou minuscules amulettes en forme de scarabées, ont été exposés sur de grandes tables déployées dans une salle de réception pour cette cérémonie sous haute surveillance.

Le Musée national du Soudan, qui réunissait toutes les collections trouvées par les archéologues sur les différents sites antiques du pays, a été pillé et détruit au printemps 2023, quand les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) ont pris la capitale après s’être rebellés contre les forces armées, leurs anciens alliés.

A l’époque des pillages, des images satellites ont montré des camions chargés de trésors se diriger vers le Darfour, vaste région de l’ouest contrôlée par les FSR. Depuis, les autorités soudanaises se sont mobilisées, avec l’aide de l’Unesco et d’Interpol, pour retrouver les objets volés avant qu’ils ne passent les frontières en contrebande pour être vendus au marché noir.

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« Un trésor pour l’humanité »

« L’héritage soudanais n’est pas seulement d’importance nationale, c’est un trésor pour l’humanité », a souligné mardi le représentant de l’Unesco au Soudan, Ahmad Junaid Sorosh-Wali. « Peut-être que beaucoup ne le savent pas, mais ce que nous voyons sur ces tables, des poteries, des bronzes, des granits, ont une profondeur historique et culturelle et signifient quelque chose : une civilisation », a pour sa part affirmé le ministre des finances soudanais, Gibril Ibrahim.

« Ceux qui ont cherché à voler ces antiquités n’ont pas seulement visé leur valeur matérielle, mais ont cherché à effacer l’identité de cette nation, son histoire et sa civilisation », a-t-il ajouté.

Le ministre de l’information et de la culture, Khalid Al-Aiser, a pour sa part promis une « récompense financière » à ceux qui rapporteraient des antiquités aux autorités, sans préciser de montant. Les officiels soudanais sont restés très discrets sur les conditions de récupération des objets volés, se contentant d’insister sur le rôle des services de renseignements.

Parmi les antiquités toujours recherchées, la « chambre d’or », la collection la plus précieuse du musée de Khartoum, réunit des bijoux anciens et des pièces en or pur de 24 carats, dont certaines vieilles de près de huit mille ans.

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Le Monde avec AFP

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