vendredi, mars 27

Beyrouth a annoncé jeudi saisir le Conseil de sécurité de l’ONU pour les actions israéliennes qui « menacent la souveraineté » du Liban, où au moins cinq personnes ont été tuées dans de nouvelles frappes.

A l’heure où Washington semble chercher une porte de sortie diplomatique à la guerre américano-israélienne contre l’Iran, Israël affiche de son côté sa détermination à intensifier ses opérations militaires au Liban contre le Hezbollah, un allié de Téhéran.

Une source militaire sur le terrain a déclaré à l’AFP que l’armée israélienne avançait « un peu plus chaque jour mais lentement » dans la zone frontalière.

Les soldats israéliens ont notamment progressé vers Taybé, où le Hezbollah a dit avoir mené plusieurs attaques contre l’armée israélienne, a-t-elle précisé.

Les frappes israéliennes se sont par ailleurs poursuivies jeudi dans le sud du Liban, où au moins cinq personnes ont été tuées dans deux localités, selon l’Agence de presse officielle ANI.

Un photographe de l’AFP a vu un bâtiment partiellement effondré et de la fumée s’élevant des décombres dans un village de la région de Nabatiyeh, tandis que les secouristes et les pompiers s’activaient sur place.

A l’issue du conseil des ministres, le ministre libanais de l’Information Paul Morcos a annoncé que son pays allait saisir le Conseil de sécurité de l’ONU.

Une décision motivée par « le bombardement de la plupart des ponts du Litani », le fleuve qui sépare une partie du sud du reste du Liban, « le déplacement massif forcé des habitants » de cette région et « la progression des troupes israéliennes sur le territoire libanais, accompagnée de destructions (..) qui menacent la souveraineté du Liban et l’intégrité de son territoire », a-t-il expliqué.

Selon un nouveau bilan jeudi du ministère de la Santé, les frappes israéliennes ont depuis le début des hostilités entre le Hezbollah et Israël le 2 mars fait 1.116 morts, dont 121 enfants, et plus de 3.000 blessés. Plus d’un million de personnes ont été déplacées.

– Deux soldats israéliens tués –

L’armée israélienne a annoncé de son côté jeudi soir la mort « au combat » d’un de ses soldats dans le sud du Liban, quelques heures après avoir déjà fait état d’un autre décès dans ses rangs. Ce qui porte à quatre le nombre des militaires israéliens tués dans cette partie du territoire libanais depuis le 2 mars.

Elle a par ailleurs affirmé jeudi avoir tué 700 membres du Hezbollah depuis le début de la guerre. Ce mouvement chiite ne révèle pour sa part jamais combien de ses membres ont perdu la vie.

Le Hezbollah a quant à lui revendiqué jeudi des dizaines d’attaques contre les troupes israéliennes, affirmant que ses combattants avaient ciblé ou affronté des soldats dans plusieurs zones du sud du Liban, notamment à Naqoura et à Khiam, une ville stratégique théâtre d’intenses combats.

Il a également affirmé avoir visé des sites situés de l’autre côté de la frontière, dont Nahariya, une caserne au nord de cette localité et un complexe du ministère de la Défense à Tel-Aviv.

Les services de secours israéliens ont indiqué qu’un homme avait été tué dans les environs de Nahariya par une roquette tirée du Liban.

Dans ce pays, les quatre ministres affiliés au Hezbollah et à son allié Amal ont boycotté jeudi le conseil des ministres pour protester contre la décision du ministre des Affaires étrangères d’expulser l’ambassadeur d’Iran, en raison de son « ingérence » dans les affaires intérieures libanaises.

Devant la représentation diplomatique iranienne, des dizaines de personnes ont manifesté leur soutien à la République islamique, brandissant des drapeaux iraniens et du Hezbollah, scandant « Mort à l’Amérique, Mort à Israël! », selon une équipe de l’AFP.

bur-sno-mby/at/vl

Share.
Exit mobile version