jeudi, janvier 22

La cour d’assises de Vendée, qui jugeait depuis le 19 janvier Emmanuel Abayisenga pour l’assassinat du père Olivier Maire en août 2021, a rendu son verdict. Elle n’a pas retenu l’altération de son discernement au moment des faits, évoquée par une psychiatre, et l’a condamné jeudi 22 janvier à trente ans de réclusion criminelle. La peine est assortie d’une période de sûreté de vingt ans et d’une interdiction définitive du territoire français.

« Depuis son arrivée en France, Emmanuel Abayisenga n’a cessé de mentir », avait affirmé l’avocate générale dans son réquisitoire, demandant une peine de prison à perpétuité. Sa « vraie personnalité » est celle d’un « criminel sans foi ni loi », avait-elle ajouté.

Emmanuel Abayisenga, ressortissant rwandais de 45 ans, n’a pas réagi à l’énoncé de sa peine. Il était resté muet, immobile, tout au long des quatre jours de procès. Lundi, il avait invoqué son droit au silence sur une feuille de papier. « Comme vous tous, je ne connais pas le son de sa voix », a dit lors de sa plaidoirie son avocate, Me Maud Navenot, désignée en octobre 2025. La question de la responsabilité pénale de son client représentait le « point crucial des débats », selon elle.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Début du procès d’Emmanuel Abayisenga, jugé pour le meurtre du prêtre Olivier Maire qui l’avait accueilli dans sa communauté en Vendée

Une procédure marquée par des déclarations confuses et des tensions

Au cours de l’enquête, Emmanuel Abayisenga avait fait plusieurs déclarations confuses sur les faits. Souffrant de troubles urinaires, il avait notamment dit que le père Olivier Maire voulait le faire « castrer » pour résoudre ses problèmes de santé.

Il avait aussi expliqué en garde à vue avoir frappé le prêtre après que celui-ci l’avait sciemment fait tomber dans l’escalier menant à leurs logements.

Des paroles « inentendables » et « injurieuses », a dit jeudi Me Céline Party, avocate des frères d’Olivier Maire. « La réalité est beaucoup plus violente, beaucoup plus brutale », a-t-elle affirmé lors de sa plaidoirie, reprenant les conclusions du légiste pour évoquer les plaies du prêtre et ce « dernier coup » porté alors qu’il était déjà « allongé par terre ».

En août 2021, sous contrôle judiciaire après avoir été incarcéré dans le cadre de l’enquête sur l’incendie de la cathédrale de Nantes, Emmanuel Abayisenga est hébergé par la congrégation des missionnaires montfortains de Saint-Laurent-sur-Sèvre, en Vendée.

Le 9 août, en début de matinée, il se présente à la gendarmerie et demande à être envoyé en prison. Le corps d’Olivier Maire, 61 ans, est découvert allongé sur le sol du bâtiment où lui et M. Abayisenga logeaient. La victime était morte la veille dans la soirée des suites de coups violents portés à la tête.

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Condamné à quatre ans de prison pour l’incendie en juillet 2020 de la cathédrale de Nantes, il avait déclaré lors du procès avoir été profondément marqué par une agression subie au sein de l’édifice fin 2018. Dans un e-mail adressé à de nombreux contacts le jour de l’incendie, il livrait son amertume face à sa situation administrative et à cette agression.

Lire aussi le récit (2021) : Article réservé à nos abonnés De l’incendie de la cathédrale de Nantes au meurtre d’un prêtre en Vendée, la dérive progressive d’Emmanuel Abayisenga

Né au Rwanda et arrivé en France en 2012, l’accusé a été débouté à plusieurs reprises de sa demande d’asile. Il a fait l’objet de quatre obligations de quitter le territoire français (OQTF) entre 2015 et 2019.

En demandant l’asile, il avait notamment affirmé avoir été enfant soldat en 1994 lors du génocide rwandais et que son père avait été fusillé sous ses yeux. Dans un communiqué transmis à la presse après la mort d’Olivier Maire, un oncle d’Emmanuel Abayisenga avait démenti ce récit.

La mort du prêtre avait à l’époque provoqué un vif émoi, y compris au plus haut niveau de l’Eglise catholique : le pape François avait fait part de sa « douleur » lors de son audience publique hebdomadaire.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Meurtre du père Olivier Maire : droite et extrême droite dénoncent les « défaillances » de l’exécutif

Le Monde avec AFP

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