Avec notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet
L’audience s’est tenue à huis clos devant la chambre du conseil du tribunal de Bruxelles. Elle opposait les avocats des parties civiles – enfants et petits-enfants de Patrice Lumumba – à ceux d’Étienne Davignon, aujourd’hui âgé de 93 ans, seul survivant sur les dix personnes visées par la plainte de 2011.
L’objectif principal de cette audience était d’acter la fin de l’enquête et de décider de la possibilité de suites judiciaires. « Inutile » selon les avocats d’Étienne Davignon pour lesquels« les faits sont trop vieux et qu’iil y a donc prescription ».
Selon Christophe Marchand, avocat de la famille Lumumba, les faits reprochés à Étienne Davignon sont un crime de guerre imprescriptible, car il a participé à « une entreprise criminelle commune » et les preuves écrites sont là, à savoir des télex diplomatiques.
« Les textes sont signés par Etienne Davignon lui même. Ce sont des textes que lui même a envoyé à la fois à Bruxelles ou bien à d’autres parties du Congo pour organiser son transfert vers le Katanga pour qu’il y soit assassiné, même si ce n’est jamais dit dans les textes. Mais tout le monde savait que c’était ça qui allait arriver ».
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Une « quête de vérité » pour la famille Lumumba
Pour la famille Lumumba l’espoir est que la Justice belge puisse enfin établir des responsabilités tangibles dans la mort de Patrice Lumumba. Son petit-fils, Mehdi Lumumba, l’exprime ainsi : « Nous, ce qu’on attend, c’est vraiment une décision de justice basée sur des faits. Pour savoir là où on veut aller, on doit savoir d’où on vient et d’où on vient, c’est nos ancêtres, c’est l’histoire. Et parmi cette histoire, il y a Lumumba, dont notre grand-père l’a écrit en partie. C’est la quête de justice, la quête de vérité ».
La décision a été mise en délibéré. Le tribunal de Bruxelles devrait se prononcer le 17 mars prochain sur l’ouverture ou non d’un procès devant le tribunal correctionnel.
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