- Des chercheurs américains ont mené un projet depuis 2019.
- Ils ont montré que la poursuite d’un objectif conduisait au bonheur.
- Les participants ont ressenti un bien-être et le sentiment d’être utiles.
Inflation, réchauffement climatique, instabilité politique, conflits internationaux… Face à une actualité toujours plus anxiogène, la quête du bonheur (nouvelle fenêtre) paraît compliquée. Pourtant, des chercheurs américains ont trouvé une piste pour être heureux et celle-ci pourrait être plus facile que l’on ne croit. Un projet de recherche a été mené durant six ans à l’université de Cornell, aux États-Unis. Depuis 2019, le chercheur Anthony Burrow, psychologue, et son équipe ont suivi environ 1.200 étudiants et lycéens. Ils leur ont donné 400 dollars, soit approximativement 348 euros, qu’ils pouvaient utiliser pour réaliser quelque chose qui profite à leur communauté, à leur famille ou à eux-mêmes. Selon les résultats préliminaires de l’étude, repris par The Washington Post
(nouvelle fenêtre), après huit semaines, les participants ont ressenti un bien-être latent, un sentiment d’utilité, un sentiment d’appartenance, un sentiment d’être nécessaire ainsi qu’un équilibre affectif. Le chercheur conclut qu’en invitant les gens à réfléchir à la contribution qu’ils souhaitent apporter et en les aidant à la réaliser, « cette personne aura peut-être un but plus important dans la vie que si elle ne l’avait pas fait ».
Une contribution qui profite aux autres
Avec ce projet, Anthony Burrow amène les participants à se concentrer sur ce qu’ils veulent faire dans un temps limité. Selon le chercheur, 95% des participants ont apporté une contribution qui profite à autrui et non pas à eux-mêmes. Ainsi, pour être épanoui, il faudrait réfléchir à un objectif réalisable, mais aussi réfléchir à rendre les autres heureux. Une étude du professeur de psychologie Todd Kashdan, menée auprès de patients souffrant d’anxiété sociale, a montré des résultats similaires. Il a demandé à ses patients de décrire un objectif et de suivre chaque jour des efforts pour l’atteindre. Au bout de deux semaines, les patients avaient une meilleure estime de soi, un sentiment d’utilité et des émotions positives. Cela s’explique par le fait que, plutôt que de se concentrer sur leurs symptômes, les participants étaient plus concentrés sur leurs efforts et sur les progrès qu’ils avaient accomplis.
Un objectif à poursuivre au quotidien
Ces études mettent aussi à mal la tendance du développement personnel. « Le véritable chemin vers le bonheur consiste à se concentrer sur les autres, sur la manière dont vous pouvez contribuer au bien-être des autres. Ce sur quoi nous devons nous concentrer, c’est apporter une contribution significative, ce qui mènera souvent au bonheur que vous recherchez »,
affirme ainsi la psychologue Kendall Cotton Bronk. Selon Todd Kashdan, le meilleur exercice consiste à se demander ce qui « manque au monde »
et comment on peut « combler un peu ce vide »
à sa manière. Cet objectif peut être lié à la famille, au travail et peut évoluer avec le temps. Enfin, la réalisation de cet objectif ne doit pas changer radicalement notre vie, mais doit plutôt prendre la forme de choses à intégrer dans une routine quotidienne.









